La Covid est-elle devenue une simple grippe?

La Covid est-elle devenue une simple grippe?
AFP

Chez nous, la vague automnale de la Covid continue de se renforcer. On compte désormais 2.823 nouvelles infections au coronavirus chaque jour (+26 %). Et il y a 1.294 patients Covid dans les hôpitaux belges (+39 %), dont 74 en soins intensifs. Chaque jour, quatre personnes décèdent des suites de la Covid-19.

Si ces chiffres ne sont pas anodins, certains (dont des experts) estiment désormais que la Covid-19 n’est qu’« une simple grippe ». Peut-on vraiment comparer ces deux maladies ? Réponse en cinq points.

1. Surmortalité

Si les vaccins ont prouvé leur efficacité pour lutter contre les formes graves de la Covid-19, la pandémie a tout de même fait plus de 22 millions de morts en moins de trois ans. C’est nettement plus que la grippe, alors que la population est davantage vaccinée contre le coronavirus que contre cette dernière.

2. Saisonnalité

Voilà quelques semaines que la grippe a fait son retour chez nous. On le sait, il s’agit d’un virus saisonnier, quasi absent de la saison estivale. Or, avec la Covid-19, on a constaté des vagues de contamination même en été.

3. Durée

Autre divergence majeure : la durée des symptômes. On sait aujourd’hui qu’une large partie des patients contaminés par le coronavirus souffrent de symptômes de longs mois après l’infection. Le Covid long toucherait un tiers des Belges infectés. Or, cette persistance des symptômes n’a pas son équivalent pour la grippe.

4. Transmission

Là où les deux maladies se rejoignent, c’est sur le mode de transmission. En effet, Covid-19 et grippe se transmettent majoritairement par aérosols (via les gouttelettes dans l’air).

5. Public vulnérable

Autre point où la comparaison se tient : les publics vulnérables. En effet, que les formes graves de la maladie et les décès sont plus fréquents chez les personnes âgées.

Quel bilan ?

Si l’on peut donc établir certains rapprochements entre les deux virus, considérer la Covid-19 comme une « simple grippe » est donc erroné (ou du moins, précipité).

« Lorsque l’on ne connaîtra plus cette surmortalité liée au Covid qui est très supérieure à celle de la grippe, sachant que depuis le début de la seule année 2022 elle est au moins quatre fois supérieure, alors on pourra dire que la pandémie sera bien derrière nous », indique l’épidémiologiste Antoine Flahault dans les colonnes de la Dernière Heure.

« Mais on n’en est pas là. Nous n’en aurons pas terminé avec cette pandémie tant que nous enregistrerons des vagues épidémiques qui contaminent de très larges segments de la population (…). En nombre absolu nous continuons à observer cette mortalité très lourde qui doit nous empêcher de baisser les bras. »