Instaurer une taxe carbone mondiale coûterait moins cher que les retombées économiques de la crise climatique

Instaurer une taxe carbone mondiale coûterait moins cher que les retombées économiques de la crise climatique
Ph. Getty

La taxe carbone (ou composante carbone) vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre en se basant sur le principe du pollueur-payeur, c’est-à-dire faire payer un surplus aux entreprises et/ou les particuliers pour des activités émettrices de CO2, notamment celles liées aux énergies fossiles.

Évoquée pour la première fois en 1997 lors de la COP3 qui a abouti au Protocole de Kyoto, l’idée d’instaurer une taxe carbone refait régulièrement surface lors des sommets internationaux pour le climat. La composante carbone est déjà appliquée par une cinquantaine de pays dans le monde. C’est notamment le cas en France qui a instauré une composante carbone depuis 2014, mieux connue du grand public depuis le mouvement de contestation des Gilets jaunes contre la hausse de la taxe carbone, qui a démarré en novembre 2018.

Une réduction de 12 %

Mais à ce jour, aucune mesure de ce type n’a été instaurée au niveau mondial. Un prix international du carbone permettrait pourtant, d’après un rapport publié en pleine COP26 par le Forum Économique mondial et le cabinet d’audit PwC, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la planète d’environ 12 %. Calquée sur une proposition du Fonds monétaire international, cette mesure consisterait à proposer une taxe carbone mondiale progressive dont le montant dépendrait du niveau de richesse des pays.

D’après l’étude, ce prix international du carbone pourrait également porter ses fruits sur le plan économique : « En supposant que les recettes perçues soient reversées aux ménages, le PIB diminuerait de moins de 1 % dans tous les scénarios testés », expliquent les auteurs. À long terme, les revenus générés par un prix international du carbone pourraient même être utilisés pour soutenir les personnes les plus défavorisées.

Une perte compensée

D’après le rapport, cette perte de PIB serait par ailleurs compensée par la réduction des pertes économiques liées au réchauffement climatique. La montée des eaux, les pertes de rendement agricoles ou les conséquences sanitaires de la crise sanitaire ont en effet un coût très élevé (entre 10.000 et 50.000 milliards de dollars au cours des 200 prochaines années) selon une étude anglaise publiée dans la revue Nature en octobre 2020.

« Les défis politiques et techniques restent très importants, mais nous espérons que cette recherche encouragera les pays à envisager la tarification du carbone de manière à intensifier les efforts pour atteindre le niveau net zéro à temps et limiter les pires effets du changement climatique sur les populations et notre planète », souligne Bob Moritz, président mondial du cabinet PwC.

« La coopération public-privé sera essentielle pour les prochaines étapes et pour accélérer les efforts en vue d’une reprise plus durable et inclusive », renchérit Børge Brende, président du Forum économique mondial.