Il traîne ses deux chiens derrière sa voiture et la police le laisse repartir

Il traîne ses deux chiens derrière sa voiture et la police le laisse repartir

Le quartier de Mohon à Charleville-Mézières, en France, a été le théâtre d’une scène glaçante de maltraitance animale, samedi 21 août, en fin d’après-midi, rapportent nos confrères de L’Ardennais dont l’article a été relayé par Sudinfo.

Il roule avec ses deux chiens attachés à l’arrière de sa voiture

Il est aux alentours de 17 h 30, quand une riveraine entend des hurlements de canidés : une voiture, qui circule avenue Vincent-Auriol, traîne deux chiens sur le bitume, les laisses fixées au coffre du véhicule.

Âgée d’une trentaine d’années, Vanessa lâche ses sacs de courses et court en direction du convoi en hurlant. « Il roulait au pas, et j’ai réussi à m’accrocher à sa portière, raconte-t-elle, choquée par la passivité du conducteur. Des jeunes du quartier sont venus m’aider… Ils se sont mis devant la voiture, qui s’est arrêtée. ».

« Les bêtes étaient en sang »

Au croisement des avenues Auriol et Carnot, « un automobiliste s’est mis au travers de sa route », raconte Alexiane, jeune Carolomacérienne, elle aussi témoin de la scène. « Le monsieur est descendu de sa voiture, et on a pris ses clefs pour éviter qu’il ne reparte avant l’arrivée de la police, poursuit-elle. On a aussi essayé de donner à boire aux chiens, mais ils étaient tellement traumatisés que c’était compliqué. Ils essayaient de nous mordre. » L’un des animaux est essoufflé et choqué, l’autre est râpé au niveau du poitrail. « Les bêtes étaient en sang, elles se léchaient pour se soigner… C’était horrible ! »

La police le laisse repartir avec ses chiens

Durant « trois quarts d’heure », selon Alexiane, le ton monte autour du véhicule. « Des gens s’arrêtaient… Ils trouvaient ça inhumain et s’énervaient. » « On a dû s’interposer pour éviter qu’il ne prenne des coups », ajoute Vanessa. Puis les forces de l’ordre arrivent enfin sur place. Une intervention qui ne détend pas l’atmosphère… « Il a été autorisé à repartir avec ses chiens, assure la trentenaire. On n’a pas compris… Il n’y a même pas eu de contrôle d’alcoolémie. »

Les trois policiers demandent simplement au propriétaire de se rendre chez le vétérinaire. Ce qu’il n’aurait, finalement, jamais fait…

Les chiens récupérés sont tous les deux mal en point

« On a récupéré les chiens ce (dimanche) matin », précise le commandant de police Rémi Stanek. Contrairement à des informations qui ont notamment circulé sur les réseaux sociaux, les animaux ne sont pas décédés. « Ils sont mal en point tous les deux, décrit Sabrina, présidente de la Lisa (ligue dans l’intérêt de la société et de l’animal). La petite femelle de 13 ans, un fox-terrier blanc, est un peu cassée de partout. Le chien de chasse, un mâle de 3 ans, on ne peut même pas le toucher tellement il ressent des douleurs. Il a des plaies et des brûlures au niveau du poitrail et sur le côté. Et il n’a plus de peau sur les quatre coussinets. »

Une plainte déposée

La Lisa et l’Action protection animale (APA), à qui Daisy et Nino ont été confiés, ont porté plainte « pour acte de cruauté ». Côté police, « l’affaire est en cours, le monsieur sera prochainement entendu par nos services », assure le commandant. Alors qu’il a traîné ses chiens sur environ 700 mètres, l’homme de 66 ans jure qu’il s’agit d’un « acte involontaire ». Au moment de quitter son domicile, dans le quartier de Mohon, il n’aurait pas vu que les deux bêtes étaient attachées à l’arrière de sa voiture.