Des embryons créés pour sauver une espèce de rhinocéros éteinte

Des embryons créés pour sauver une espèce de rhinocéros éteinte
AFP

Depuis le décès en 2018 du dernier mâle, il ne reste plus sur Terre que deux femelles, Najin et sa fille Fatu, qui vivent sous bonne garde dans la réserve kényane d’Ol Pejeta. Mais les gamètes de plusieurs mâles ont été conservés. BioRescue, un consortium de scientifiques et de conservationnistes, a, depuis août 2019, collecté 80 ovocytes sur les deux mastodontes, parvenant à fabriquer un total de 12 embryons, ont-ils annoncé.

Des chances de succès malgré de nombreux défis

Ce vendredi, le directeur d’Ol Pejeta, Richard Vigne, a souligné que malgré ces résultats prometteurs de nombreux défis persistent. « Personne ne va prétendre que c’est facile mais je pense qu’il y a de fortes chances que ce soit quand même un succès », a-t-il dit, évoquant d’importants « défis ». « Nous faisons des choses d’avant-garde d’un point de vue scientifique et nous travaillons avec de la génétique, avec les deux derniers rhinocéros blancs du Nord sur la planète : il y a beaucoup, de choses qui pourraient mal se passer », a-t-il ajouté.

Des mères porteuses

Aucune des deux femelles n’est en mesure de mener une grossesse à son terme : Fatu souffre de lésions dégénératives au niveau de l’utérus et Najin d’une fragilité de son train arrière incompatible avec une portée. Pour obtenir des bébés rhinocéros blanc du Nord, qui vivaient notamment au Soudan du Sud et en Ouganda, les scientifiques auront recours à des mères porteuses sélectionnées parmi des femelles de rhinocéros blancs du Sud, originaires d’Afrique australe.

Outre Ol Pejeta et l’agence kényane de protection de la faune (KWS), BioRescue réunit entre autres l’Institut Leibniz de recherche zoologique et animale, en Allemagne, et le laboratoire Avantea, en Italie, spécialiste de la reproduction de chevaux et de bovins.

Victimes de braconnage

Dans leur milieu naturel, les rhinocéros n’ont que peu de prédateurs, grâce à leur taille et l’épaisseur de leur peau. Mais de prétendues vertus médicinales attribuées en Asie à leur corne ont alimenté dans les années 1970 et 1980 un braconnage implacable, facilité par les conflits.

Les rhinocéros modernes sillonnent notre planète depuis 26 millions d’années. Au milieu du 19e siècle, on estimait leur population à plus d’un million d’individus en Afrique.