Comment la K-pop et la J-pop ont boosté les diplômes de coréen et de japonais

Comment la K-pop et la J-pop ont boosté les diplômes de coréen et de japonais
Ph. Shutterstock

Que ce soit des jeux vidéo, des animés ou encore de la musique et des films, la K-pop et la J-pop ont visiblement un impact dans la société. D’après un rapport de The University of Council of Modern Languages publié en 2021, les diplômes de langue coréenne, comme japonaise, ont largement augmenté entre 2012 et 2018, a rapporté The Guardian. Les classes de coréen sont passées de 50 à 175 entre ces périodes tandis que celle pour apprendre le japonais ont augmenté de 71 %. Les étudiants intéressés par le coréen sont même plus importants en nombre que pour apprendre le russe tandis que les cours de japonais sont plus plébiscités que l’italien, souligne le rapport.

Quand le divertissement rend curieux

D’après les experts interrogés par The Guardian, l’intérêt pour les langues coréennes et japonaises peut notamment s’expliquer par la popularité de la culture asiatique que ce soit à travers les mangas, les jeux vidéo ou encore les films et séries. De plus en plus d’artistes coréens et japonais s’imposent et sont reconnus à l’échelle internationale. En témoigne la victoire au Festival de Cannes 2019 du film sud-coréen « Parasite » de Bong Joonho, également récompensé de quatre Oscars en 2020 : meilleur film, meilleur film étranger, meilleur scénario original et meilleur réalisateur.

La vague K-pop a de la même façon atteint le monde des séries. « Squid Game » a été la série qui aura le plus marqué l’année 2021. D’après Netflix, la série sud-coréenne est la plus regardée de la plateforme avec 1,65 milliard d’heures visionnées. De son côté, le groupe BTS a explosé tous les records avec sa chanson « Dynamite » en dépassant les 101,1 milliards de vues en 24 heures sur YouTube et reste le groupe le plus discuté sur Twitter en 2021 avec plus de 2,1 millions de tweets rien qu’en France.

« Ils ont trouvé ça amusant »

L’étude de The University of Council of Modern Languages, les universités concernées ont déclaré une augmentation de 19 % en 2018 à 39 % en 2020/2021 de leurs cours proposant l’apprentissage du japonais, avec un léger penchant pour les départements de langue coréenne. « Ils ont commencé à apprendre le japonais simplement, pour le plaisir, puis ils ont trouvé ça ’amusant’, alors ils veulent étudier plus sérieusement, soit en tant que diplôme, soit en tant que matière optionnelle », a déclaré Kazuki Morimoto, professeur de japonais à l’Université de Leeds à The Guardian.

Selon Sarah Keith, chercheuse en pop culture coréenne à l’université Macquarie en Australie, c’est cette culture encore mystérieuse qui a attiré les Européens : « Par exemple, dans ’Squid Game’, le rythme dramatique et l’arc de la série sont intelligibles pour les téléspectateurs du monde entier, mais en même temps, il aborde des thèmes spécifiquement coréens qui sont totalement nouveaux pour le public étranger », a-t-elle déclaré. Une recette typiquement coréenne tirée de « Squid Game » est notamment devenue virale sur TikTok.

Outre le japonais et le coréen, Emma Cayley de The University of Council of Modern Languages a précisé que l’arabe et le chinois avaient aussi connu un regain d’intérêt dans les universités.