Cinq mythes qui ont la vie dure sur le changement climatique

Cinq mythes qui ont la vie dure sur le changement climatique
Ph. WhitcombeRD / Getty Images

Coup monté ou complot

Pour certains, la crise climatique n’est qu’une construction de scientifiques pour justifier leurs financements, voire un complot de gouvernements visant à contrôler les peuples. Ce qui supposerait une organisation d’une complexité jamais vue, coordonnée par des gouvernements successifs dans énormément de pays avec la complicité d’une véritable armée de scientifiques.

Or, ce sont des dizaines de milliers d’études, à chaque fois revues et corrigées par d’autres scientifiques, qui ont abouti au consensus quasi unanime sur la réalité du changement climatique induit par l’Homme. Et loin d’être secret, ce processus est illustré par les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ouvert à tous les pays membres de l’ONU.

Créé en 1988, prix Nobel de la Paix en 2007, ce Giec réunit, bénévolement, des centaines de scientifiques qui passent en revue l’état des connaissances avec une méthodologie et des références publiques, à retrouver sur www.ipcc.ch

Son dernier rapport de 3.500 pages, publié en août, a été rédigé par 234 auteurs issus de 66 pays et approuvé par des délégués de 195 États.

Le climat change depuis toujours

La planète Terre connaît depuis longtemps des alternances de périodes glaciaires et plus chaudes, avec environ une glaciation tous les 10.000 ans. L’actuelle période de réchauffement n’est-elle donc qu’une étape de plus dans ce cycle qui dure depuis environ un million d’années ?

Non répondent les experts, car la rapidité, l’amplitude et le caractère mondial du réchauffement en cours le rendent exceptionnel. « Depuis 1970, la température mondiale a augmenté plus vite que sur toute autre période de 50 ans des deux derniers millénaires », souligne le Giec, se basant sur les relevés météo (depuis qu’ils existent) et les études de sédiments, carottes glaciaires ou autre éléments pour les périodes précédentes.

Les causes humaines ne sont pas prouvées

Les preuves du réchauffement s’accumulant, certains mettent en doute son origine humaine, les émissions de gaz à effet de serre causées par les activités humaines depuis la révolution industrielle basée sur les énergies fossiles.

Le Giec a mis au point une modélisation pour mesurer les impacts de différents facteurs sur le réchauffement. « Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et la terre », écrit le Giec dans le « résumé pour décideurs » de son dernier rapport publié en août (page 7 et 8 de ce document, en anglais)

Un peu de chaud ne peut pas faire de mal

« Une bonne partie du pays souffre d’une quantité énorme de neige et de froid proche des records… Un petit coup de ce bon vieux réchauffement ne ferait pas de mal ! »

Le 20 janvier 2018, Donald Trump, alors président américain et climato-sceptique notoire, diffusait sur Twitter cette idée supposée de bon sens : si la planète se réchauffe pourquoi y a-t-il toujours des épisodes de grand froid ?

Mais le climat et ses évolutions s’observent sur le long terme alors que les phénomènes météo ont leurs propres mécanismes, plus immédiats, même si certains peuvent être accentués par le changement climatique.

Et réchauffer la Sibérie glacée n’aurait pas que des avantages. Le permafrost, couche de sol gelé en permanence, renferme en effet d’énormes quantités de gaz à effet de serre qui seraient libérées par sa fonte, sans parler d’éventuels virus…

Et un monde à +2ºC par rapport à l’ère pré-industrielle ferait monter d’un demi-mètre ou plus le niveau de la mer, menaçant des millions d’habitants de zones côtières.

Des scientifiques questionnent la réalité du changement climatique

Certains ont exprimé des doutes dans des tribunes, mais en général, il ne s’agit pas de spécialistes du climat. Et historiquement, la connaissance scientifique se construit par les controverses, suivies de l’élaboration d’un consensus des connaissances.

Et sur le changement climatique, ce consensus est désormais écrasant. Selon une toute récente étude de l’université américaine Cornell, plus de 99 % des articles sur le changement climatique publiés depuis 2012 par des revues scientifiques à comité de relecture sont d’accord pour attribuer le phénomène aux conséquences de l’action humaine