Après les OGM, faut-il craindre les AGM, les Aliments Génétiquement Modifiés?

Après les OGM, faut-il craindre les AGM, les Aliments Génétiquement Modifiés?
Sanatech Seed©

Et si votre « tomate-mozzarella » ne vous procurait pas seulement un pur moment de gourmandise, mais vous permettait aussi d’être relaxé ? Voilà une solution sans doute fantasque pour tenter de maîtriser son anxiété. Pourtant, des scientifiques japonais comptent bien sur un acide gamma-aminobutyrique, que l’on surnomme plus facilement GABA, pour faire retomber la pression au moment du repas. Une entreprise tokyoïte croit dur comme fer aux vertus de ce neurotransmetteur que l’on trouve dans les neurones au niveau du cortex. Mais il n’y en a pas que chez les mammifères. On en trouve aussi naturellement dans le soja, le thé noir, les noix, le cacao ou encore les tomates.

Intervention au niveau de la composition génétique

Tout l’objet des recherches a donc été de stimuler la production de cet acide gaba aminé pour en obtenir davantage dans les aliments. La tomate a ainsi été choisie par les chercheurs de l’université de Tsukuba pour ces expériences. À l’aide d’une technique d’édition génétique, répondant au nom de CRISPR-Cas9, les scientifiques sont parvenus à augmenter la présence de GABA en intervenant directement sur le génome de la tomate. On ne parle donc pas ici d’injecter un élément extérieur au sein des cellules du fruit-légume, mais bien d’intervenir au niveau de sa composition génétique, ce qui en fait un « aliment génétiquement modifié », soit AGM.

Cette tomate d’un nouveau genre a été lancée par l’entreprise Sanatech Seed. Les graines ont d’abord été testées par des jardiniers amateurs japonais. Dans un communiqué, la compagnie tokyoïte a fait part du succès de ce lancement, ce qui l’a décidé à passer à la commercialisation de sa trouvaille. Sanatech Seed travaille aussi sur le lancement d’une purée de tomates du même genre. La tomate n’est pas le seul aliment génétiquement modifié. Une start-up de Kyoto a aussi augmenté la masse musculaire d’une daurade en suivant la même technique de modification génétique.

Du laboratoire jusqu’à l’assiette, il n’y a qu’un pas

Le gouvernement nippon a accordé son autorisation pour la vente de ces deux produits alimentaires. Les recherches dans le domaine se poursuivent. Le fugu, le fameux poisson-globe pour lequel il faut détenir un certificat pour le servir au restaurant sur l’archipel nippon en raison de son caractère toxique (mal cuisiné, il peut être mortel !), est le dernier cobaye de cette technique d’édition génétique. Dans ce cas-ci, les scientifiques ont cherché à évincer les gènes qui contrôlent l’appétit afin que le spécimen prenne davantage de poids.

Ces aliments génétiquement modifiés seront-ils un jour vendus aux Européens ? Considérés comme des OGM, ils doivent être soumis chacun au contrôle de l’Union européenne pour obtenir l’autorisation d’être importés. Selon Greenpeace, « il n’existe en Europe que quelques produits contenant directement des OGM et étiquetés tels quels (sauce barbecue, huiles, marshmallows…) […] nous en consommons tous les jours indirectement par le biais de produits animaux : viandes, œufs, fromages et laits… En effet, tous les animaux peuvent être nourris avec des aliments contenant potentiellement des OGM…