Amazon dans la tourmente: le géant affirme qu’il aidera ses employées à avorter, mais pas les plus démunies

Amazon dans la tourmente: le géant affirme qu’il aidera ses employées à avorter, mais pas les plus démunies
Ph. AFP d’illustration

C’est une petite bombe qui vient d’exploser aux États-Unis. Le très sérieux Politico a révélé le brouillon d’une décision de la Cour suprême, qui prévoit de revenir sur l’arrêt Roe v. Wade, soit la jurisprudence sur laquelle le droit à l’avortement au niveau national repose. Concrètement, cela voudrait dire que chaque Etat américain pourrait décider de retirer le droit à l’avortement aux femmes.

Les Démocrates s’affairent déjà pour empêcher que cette initiative des juges de la Cour suprême ne se concrétise pas, mais des entreprises ont d’ores et déjà annoncé qu’elles protégeraient leurs salariées. C’est notamment le cas d’Amazon, qui a affirmé que s’il ne leur était pas possible d’avorter dans un rayon de 160 kilomètres, ses travailleuses pourraient bénéficier du remboursement de leurs frais de déplacement et d’hébergement, à hauteur de 4.000 dollars (3.800 €) afin de recourir à une IVG dans un autre État.

Un fameux hic

Toutefois, il y a un hic, puisque le géant américain ne serait proposé qu’aux « employées américaines couvertes par la couverture santé de l’entreprise », comme un porte-parole de la plateforme l’a expliqué à « Motherboard ». Cela exclut naturellement bon nombre de travailleuses plus précarisées du géant du e-commerce. D’abord, 115.000 d’entre elles ne sont pas employées à proprement parler.

Ensuite, 2,9 millions de personnes livrent depuis leur véhicule personnel via « Amazon Flex » et sont considérées comme des indépendants. Impossible donc d’espérer un remboursement pour ces personnes. Enfin, les employées bénéficiaires du programme Medicaid, assurance maladie fournie par l’État, seront également exclues du programme. Pourtant, Amazon est un des employeurs privés qui salarie le plus de bénéficiaires du programme.