Alexandre Benalla face au tribunal à Paris, trois ans après le scandale

Alexandre Benalla face au tribunal à Paris, trois ans après le scandale
AFP

Costume sombre et cravate à pois, masque chirurgical et lunettes rondes, l’ex-proche collaborateur d’Emmanuel Macron, aujourd’hui âgé de 30 ans et reconverti dans le privé, est arrivé au tribunal peu avant 13h00, passant devant un mur de caméras sans faire de déclaration.

Dans la salle d’audience, il s’est assis sur l’une des chaises réservées aux prévenus, aux côtés de trois autres hommes : son ami et ex-employé d’En Marche Vincent Crase et deux policiers.

À l’origine d’une tempête politique qui a secoué le pouvoir pendant plusieurs mois, Alexandre Benalla doit comparaître jusqu’au 1er octobre. « Le tribunal impose (sa) présence » et celle de ses coprévenus tous les jours, a déclaré la présidente Isabelle Prévost-Desprez.

En juillet 2018, M. Benalla avait été identifié par le journal Le Monde sur une vidéo où il apparaissait avec un casque des forces de l’ordre, brutalisant une femme et un homme place de la Contrescarpe à Paris, à l’issue d’une journée de manifestation émaillée de heurts.

Alors au cœur du dispositif de sécurité du Président Macron, il devait ce jour-là n’avoir qu’un rôle d’observateur. Sanctionné d’une suspension de 15 jours, il avait gardé un bureau à l’Elysée, avait révélé le quotidien.

Six enquêtes judiciaires

Dès le lendemain, l’opposition dénonçait une « affaire d’État » et une enquête judiciaire était ouverte. L’affaire a empoisonné l’exécutif français pendant des mois, au fil de révélations dans la presse et des auditions de commissions d’enquête parlementaires.

Visé par six enquêtes judiciaires, dont une classée sans suite, M. Benalla a été renvoyé devant la justice notamment pour des violences en réunion et pour avoir usurpé la fonction de policier.

Avec son coprévenu Vincent Crase, ancien gendarme de 48 ans, il devra s’expliquer sur ses agissements contre un couple place de la Contrescarpe, mais aussi au Jardin des plantes, où ils sont soupçonnés d’avoir violenté trois manifestants deux heures plus tôt.

M. Benalla devra par ailleurs répondre de l’utilisation de deux passeports diplomatiques après son limogeage de l’Elysée, lors de voyages en Afrique et en Israël, dans le cadre de sa reconversion dans la sécurité privée et les affaires. Il est aussi soupçonné d’avoir obtenu un passeport de service en produisant un faux, ce qu’il conteste.

Il comparaîtra en outre pour port d’arme non autorisé, en avril 2017 à Poitiers, pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Probablement un « pistolet à eau », selon l’intéressé.

Il encourt jusqu’à sept ans de prison et 100.000 euros d’amende.