Un plan d’action pour mettre fin aux violences sur le rail

Un plan d’action pour mettre fin aux violences sur le rail
Belga / N. Maeterlinck

« Le train, c’est 900.000 navetteurs par jour, et 250 millions de voyages par an », explique Nicolas Parent, député Ecolo à l’origine d’une proposition de résolution sur la lutte contre le harcèlement sexuel et les agressions sur le rail. « C’est donc un enjeu majeur de lutter contre le harcèlement et les agressions sur ce terrain-là ». Et il est d’autant plus pressant d’agir que le fédéral avait pris un peu de retard, note l’écologiste, quand les régions wallonne et bruxelloise ont déjà avancé sur ces questions de violences et de sexisme dans les transports publics. « Le train, c’est aussi la liberté de voyager. Si l’on se sent mal à l’aise sur les rails, c’est aussi une entrave à l’exercice d’un droit, celui de se déplacer. Donc c’est un enjeu fondamental en soi. »

« La crise sanitaire polarise la société et met le vivre ensemble sous pression. Les trains et les gares faisant partie intégrante de la société, ils sont aussi, comme partout ailleurs, confrontés à ce changement », soulève la société de transport ferroviaire par la voix de sa porte-parole Marianne Hiernaux. En 2020, la SNCB avait enregistré 864 plaintes déposées par ses employés (coups et blessures, violence, menaces et insultes). « La SNCB prend la sécurité de ses clients et collaborateurs très au sérieux », insiste la porte-parole.

Pour le député Ecolo, « non seulement toute violence sur l’espace public est inacceptable, mais ce phénomène recouvre aussi un problème discriminatoire » puisqu’il touche principalement les femmes, poursuit le député fédéral. « On a voulu travailler sur ces deux aspects », tant vis-à-vis du personnel que des voyageurs.

Des propositions concrètes

Cette semaine, Ecolo/Groen a donc déposé au Parlement une proposition de résolution contenant une série de mesures à mettre en œuvre pour renforcer la lutte contre le harcèlement et les agressions sur le rail. Le texte entend apporter une réponse globale à ces phénomènes.

Sur l’axe préventif, les députés écologistes insistent sur la mise en place de campagnes de prévention permanentes visant à la fois les victimes, les témoins « mais aussi les agresseurs, pour leur rappeler les sanctions auxquelles ils s’exposent », souligne Nicolas Parent, auteur de la proposition.

Du côté du signalement, les écologistes réclament le développement d’un service d’alerte à la fois discret et direct [comme un bouton d’alerte ou un chat via l’app SNCB] pour prévenir directement les accompagnateurs et Securail en cas de comportement déplacé.

Est également soulignée la nécessité de former davantage le personnel sur les questions de harcèlement et agressions, d’augmenter les effectifs de Securail et de la police ferroviaire et, globalement, de favoriser la diversité au sein de la SNCB.

En outre, le texte réclame un meilleur enregistrement, suivi des plaintes, ainsi qu’une meilleure poursuite des infractions par le ministère public « afin que les auteurs ne restent pas impunis ». Un appel auquel se joint la SNCB.

Enfin, le texte demande à la SNCB d’intensifier le monitoring de son réseau  : identifier les lignes et endroits problématiques dans les gares et à bord des trains, afin d’y affecter davantage de personnel.

Les mesures déjà existantes

Un monitoring est déjà effectué en permanence sur le réseau. « Après une analyse des besoins, il permet de déployer des équipes là où elles sont nécessaires, en fonction des lignes, des gares et des moments de la journée », détaille Marianne Hiernaux, la porte-parole de la société ferroviaire.

Outre les actions de contrôles ciblés, des «  c ontrol rooms » assurent une surveillance par caméra. Les patrouilles virtuelles venant renforcer l’action de Securail.

« Il y a également le nº0800 30 230, accessible à tous gratuitement », rappelle la porte-parole. « Il permet de reporter toute situation d’insécurité. Grâce à cela, Securail peut dispatcher des équipes en temps réel. »

La SNCB confirme par ailleurs poursuivre son travail pour renforcer les mesures de lutte contre les violences sur le rail. De nouvelles actions seront entreprises prochainement.

Enfin, la SNCB rappelle «  qu’ au minimum un accompagnateur est présent et circule dans chaque train. Il reste aussi le contact privilégié des voyageurs : sa mission principale est de veiller à la sécurité de ceux-ci. »