Semaine de la mobilité : quel est le véritable impact sur la planète d’une journée sans voiture?

Xinhua/Zhang Cheng
Xinhua/Zhang Cheng - Xinhua/Zhang Cheng

En point d’orgue de la Semaine de la Mobilité à Bruxelles, la journée sans voiture se déroulera ce dimanche de 9h30 à 19h. Les modes doux s’approprieront donc totalement la ville. Piétons, cyclistes, rollers et trottinettes auront carte blanche sur les routes des 19 communes bruxelloises pendant toute une journée. Seuls les transports publics (entièrement gratuits et renforcés pour l’occasion), services d’urgence, taxis et chauffeurs munis d’une dérogation seront autorisés à se déplacer en véhicule motorisé.

Depuis 2000, Bruxelles organise chaque année son dimanche sans voiture. Lancée pour encourager la mobilité douce, cette initiative a des impacts concrets en matière environnementale. Mais quels sont-ils ?

Mieux respirer

Une ville vidée de ses voitures, c’est une ville qui respire mieux. Et Bruxelles en fait la démonstration avec ses dimanches sans voiture. En effet, on observe une nette amélioration de la qualité de l’air dans la capitale, grâce à une baisse importante des concentrations de plusieurs polluants.

La différence se ressent en particulier sur les axes les plus fréquentés. L’année dernière par exemple, à la station Arts-Loi, les concentrations en monoxyde d’azote (NO) et dioxyde d’azote (NO2) ont diminué respectivement de 82 et 86 % par rapport à un dimanche traditionnel, selon les chiffres de Bruxelles Environnement. Sur les axes moins fréquentés, on enregistrait des baisses de l’ordre des 40 %. Et la différence est plus flagrante encore si l’on compare à un jour de semaine : les concentrations de NO et NO2 chutent alors à 92 et 91 % !

Réduire le trafic routier est non seulement un enjeu environnemental, mais aussi une véritable question de santé publique : selon le dernier rapport de l’Agence européenne pour l’environnement, la pollution de l’air a causé 8.950 décès prématurés en Belgique en 2018.

Ville calme

Les Bruxellois le savent : un dimanche sans voiture, c’est un dimanche… calme. Car moins de circulation routière, c’est moins de polluants atmosphériques mais aussi moins de pollution sonore !

C’est surtout à proximité des autoroutes que l’on constate une diminution extrêmement significative du niveau de bruit (supérieure à 10 dB(A) : en bordure de la E411 à Auderghem et à proximité de la E40 à Woluwe-Saint-Lambert, la pression acoustique a baissé de 90 % !

Sur certains axes très fréquentés, comme l’avenue Houba de Strooper à Bruxelles et la rue Guillaume Tell à Saint-Gilles, le bruit de fond diminue également de manière remarquable : de 68 %. Si les réductions de bruit de fond sont moins marquées en d’autres endroits de la capitale, on constate tout de même des baisses de l’ordre de 50 %.

Perspectives

On le voit : un dimanche sans voiture a des impacts directs et concrets. Pour autant, il est évident que fermer la capitale au trafic routier le temps d’une journée ne résoudra pas le problème de la pollution en ville, et par extension, le défi climatique.

Néanmoins, au-delà de ces impacts ponctuels, le dimanche sans voiture à Bruxelles c’est aussi l’occasion de repenser ses habitudes de mobilité : (re)découvrir les transports publics, le plaisir de la marche, du vélo, de la trottinette… Et surtout la joie de se déplacer dans une ville apaisée. Et dans un contexte de crise énergétique et de flambée des prix à la pompe, cette journée sans voiture 2022 pourrait faire de nouveaux adeptes de la mobilité douce…