Les chats et les gares, une grande histoire d’amour

Tama
Tama - AFP / Y. Yamanaka

Tama, le chat chef de gare

Tama est le « chaminot » (ou chat cheminot) le plus connu. Au Japon, cette petite chatte tricolore avait reçu le titre honorifique de chef de gare. L’histoire se déroule à Kishigawa, dans la province occidentale de Wakayama. Faute de passage, en 2006, le dernier employé humain de cette minuscule gare a été licencié. Mais s’y sentant bien, un chat errant, la petite Tama, veillait sur les lieux et les voyageurs. La gare était devenue sa maison. Après être devenue la mascotte de la gare, l’animal a gravi les échelons jusqu’à être nommé chef de gare. En tant qu’employée de la compagnie ferroviaire locale, Tama avait même reçu un médaillon et un képi à sa taille. Pendant des années, des voyageurs et des touristes ont fait le détour pour avoir la chance de rencontrer Tama. Si bien que le chat a transformé cette ligne déficitaire en un lieu d’attraction touristique populaire. En 2007, 55.000 personnes ont emprunté cette ligne dans le but de voir Tama. Une étude avait montré que la seule présence de Tama avait permis d’injecter cette année-là 7,9 millions dans l’économie locale. La chatte est morte en juin 2015, à l’âge de 16 ans. Plusieurs milliers de personnes étaient alors venues à ses funérailles organisées dans la gare de Kishi.

Felix, le chat chasseur

Plus près de chez nous, en Angleterre, deux chats sont eux aussi devenus des mascottes. Dans la gare d’Huddersfield, Felix est connu de tous les voyageurs. Depuis 2011, il est chargé de lutter contre les rongeurs et les pigeons dans cette gare. En 2016, il a même obtenu une promotion en étant nommé « Senior Pest Controller ». Dix ans après son arrivée, Felix est toujours là. Il a d’ailleurs été rejoint par un autre congénère : Bolt. Les deux animaux ont même leur page Facebook (@FelixandBoltHuddersfieldStationCats) suivie par près de 150.000 personnes.

Felix
Felix - Ph. Facebook

Dirt, le chatminot

S’il y a bien un autre chat qui aime les gares, les trains et les entrepôts, c’est Dirt. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle porte bien son nom (Dirt signifie sale en anglais). En effet, il est plus courant de croiser l’animal recouvert de poussière et de saleté que dans sa robe blanche et rousse naturelle. Elle, son truc, c’est plutôt les vieux trains. En effet, depuis qu’elle est toute petite, elle traîne dans une ancienne gare ferroviaire du Nevada, aux États-Unis, devenue musée. Elle passe ses journées avec une bande de passionnés au milieu des vieux trains à vapeur. Près de 25.000 personnes suivent son quotidien sur Instagram (@nevada_northern_railway).

Ces chats qui voyagent

Parallèlement à tous ces chats qui travaillent dur dans l’univers du train, il y a aussi tous les chats qui préfèrent voyager. Il n’est ainsi pas rare que des contrôleurs ou des voyageurs surprennent un passager clandestin à quatre pattes à bord. Certains sont même des habitués. Début 2019, en Allemagne, un navetteur a publié la photo d’un chat tranquillement en train de dormir sur un siège. Il était monté à la gare d’Herrenberg et est descendu à Stuttgart, à 30 minutes de là. Son propriétaire est ensuite venu le rechercher au dépôt ferroviaire où il avait temporairement été recueilli. Parfois, nos amis les chats peuvent aussi semer la pagaille. L’an passé, à la gare d’Euston, au nord de Londres, un chat a entraîné plus de 2h30 de retard parce qu’il était monté sur le toit d’un Eurostar et qu’il ne voulait pas descendre. Finalement, il a contraint les passagers à descendre et à embarquer dans un autre train. « Heureusement, la curiosité n’a pas tué ce chat, et nous sommes heureux qu’il ait évité d’utiliser une de ses neuf vies », avait déclaré le directeur de la gare d’Euston à la BBC.

Ph. Network Rail