Comment évoluer vers une mobilité durable à la campagne?

Comment évoluer vers une mobilité durable à la campagne?
Ph. Unsplash

Ceux qui vivent dans les zones rurales le constatent tous les jours : les routes sont de plus en plus encombrées, les temps de trajet se rallongent et les alternatives à la voiture ne sont pas toujours attractives. Le gouvernement wallon a pourtant pour objectif de faire baisser la part modale de la voiture à 60 % en 2030. Mais comment des ménages vivant à la campagne pourront-ils s’en passer ? Voici quelques pistes de solutions.

Aménagement du territoire

Tout d’abord, avant de réfléchir à des moyens de mobilité alternatifs, il est indispensable de repenser l’aménagement du territoire, de rapprocher les logements et services. Tout le monde doit pouvoir avoir accès facilement à une école, une crèche, à des commerces et loisirs, à des services de soins de première nécessité ou encore à son lieu de travail, sans devoir utiliser la voiture. Revitaliser le centre des villages en y apportant des petits commerces et des activités éviterait également de pénaliser les vieilles personnes, les personnes défavorisées ou celles à mobilité réduite.

Vélos et trottinettes électriques

Selon une enquête monitor du SPF Mobilité, 54 % des déplacements des ménages en Belgique font moins de 5 km et 63 % moins de 10 km. Une distance facile à parcourir en vélo électrique. En 2020, 15,6 % des Belges ont utilisé un vélo à assistance électrique au moins une fois l’an. Mais ce chiffre tombe à 7 % en Wallonie. On voit pourtant un engouement pour ce mode de transport ces dernières années. Les entreprises proposent désormais des vélos électriques de société et une indemnité kilométrique peut également être perçue. Les trottinettes électriques ont aussi gagné en popularité l’année dernière. Leur nombre a explosé, surtout à Bruxelles. Mais les trottinettes ne sont pas réservées qu’aux personnes vivant en ville. Tout comme pour les vélos électriques, certains modèles permettent de s’aventurer dans des chemins de terre avec reliefs.

Covoiturage et télétravail

Avant la pandémie de Coivd-19, le covoiturage avait le vent en poupe, il a laissé la place au télétravail. Avec la reprise des activités, certains employeurs continuent à autoriser en partie le travail à la maison. Le mouvement a été enclenché et devrait perdurer pour pouvoir désengorger le trafic. Certains employeurs autorisent un nombre de jours de télétravail plus élevé aux travailleurs dont le trajet comprend davantage de kilomètres. Pour les autres, le covoiturage reste une bonne option. De nombreuses plateformes et applis (Carpool, Blablacar, Karzoo) existent pour trouver le covoitureur idéal. C’est écologique et économique !

Intermodalité

Les modes alternatifs de déplacement doivent devenir plus attractifs à la campagne. L’offre n’est pas assez large et les fréquences pas assez élevées. Selon une enquête de la Ligue des familles, plus de trois parents sur quatre seraient en effet prêts à prendre davantage les transports en commun si leurs performances, leur fréquence et leur desserte étaient améliorées. La SNCB réinvestit pour améliorer l’intermodalité et faciliter les déplacements de porte-à-porte, notamment avec plus de parkings auto et vélos, des tarifs combinés (train + métro, tram, bus), une meilleure coordination entre transporteurs, etc. La TEC a quant à elle lancé des nouvelles lignes Express, propose un planificateur d’itinéraire intermodal ainsi qu’un tarif moins cher pour les jeunes. Des actions qui vont dans le bon sens mais qui devront se multiplier dans les années à venir.