Cinq défis à relever pour que le métro automatisé devienne une réalité à Bruxelles

Cinq défis à relever pour que le métro automatisé devienne une réalité à Bruxelles
Ph. Stib

De Paris à Tokyo, en passant par Milan et Barcelone, le métro automatisé est déjà une réalité pour des millions de navetteurs et de voyageurs à travers le monde. Mais à Bruxelles, si l’idée est déjà dans les tuyaux depuis plus de dix ans, le métro automatisé tarde à faire son apparition. Dans la pratique, il faudra encore quelques années pour que le projet devienne une réalité. Pour le moment, la Stib ne souhaite d’ailleurs pas communiquer à ce sujet. Metro a donc fait le point en listant les défis qui restent à relever pour que le métro automatisé roule enfin dans la capitale.

Des rames spéciales

En 2021, la Stib a fait un premier pas vers le métro automatisé. En effet, pour que le projet devienne réalité, il faut des rames adaptées et compatibles avec la future conduite automatique. C’est le cas de la nouvelle rame du métro bruxellois de type M7 qui circule officiellement depuis juillet 2021. L’accord-cadre conclu en 2016 pour une durée de 12 ans prévoit une première commande ferme de 43 rames de métro de ce type. D’ici le 4e trimestre 2022, les 22 premières rames de la commande auront toutes été livrées et mises en service sur le réseau. Une goutte d’eau mais un bon début.

Des quais aménagés

Il ne suffit pas d’avoir des rames compatibles avec la conduite automatique. C’est un élément auquel on ne pense pas vraiment, mais pour que le métro automatisé circule un jour, il faudra que les quais soient aménagés. En effet, des portiques automatiques devront être installés. Chaque métro s’arrêtera juste en face de ces portes, appelées portes palières, qui s’ouvriront et se fermeront automatiquement pour laisser entrer les passagers. Elles empêchent également aux usagers d’accéder aux voies. Cela aura donc également un impact sur la régularité du métro. En effet, à Bruxelles, la moitié des perturbations sur le réseau du métro sont dues à des intrusions sur les voies. Ces portiques ont donc plusieurs avantages, mais ils demandent d’importants travaux pour que la cinquantaine de stations de métro à Bruxelles en soit équipée…

Ph. Clearsy

Une signalisation modernisée

L’arrivée du métro automatisé nécessite donc des nouvelles rames, des portiques au bord des quais dans les stations mais aussi d’importants travaux au niveau de la signalisation. Pour que les rames puissent circuler automatiquement, la signalisation du réseau a besoin d’être modernisée. « La Stib utilise actuellement un système de signalisation avec des zones fixes. Une seule rame de métro au maximum peut être située sur une zone. Grâce aux zones (formées par des circuits), il est impossible qu’un métro en dépasse un autre. Chaque métro maintient donc toujours une distance minimale fixe par rapport à son prédécesseur. Et si cela n’arrive pas, la rame freine automatiquement. Mais ce sont justement ces zones fixes qui posent problème. Actuellement, nous ne pouvons pas réduire le temps d’attente ou l’intervalle entre deux métros en dessous de 2 minutes 30 sur les lignes 1 et 5, par exemple. Impossible alors d’augmenter la capacité maximale de fréquentation sur ces lignes », expliquait la Stib en 2020 sur le site www.stibstories.be.

Le nouveau système de signalisation CBTC (Communication Based Train Control) se base sur une communication radio entre les rames de métro et les équipements présents au sol, au niveau des voies. Cette nouvelle signalisation CBTC plus moderne permettra notamment de réduire l’écart entre le passage des métros. L’objectif avec le métro automatisé est qu’un métro puisse circuler toutes les minutes 30 sur le tronçon central. La modernisation de la signalisation a déjà commencé et à terme, la Stib utilisera le système de signalisation CBTC sur toutes ses lignes mais là encore, cela a un coût et nécessite des travaux.

Ph. Belga

Trouver le budget

Comme dans beaucoup de domaines, l’argent est le nerf de la guerre. On l’a vu précédemment, l’arrivée du métro automatisé nécessite l’acquisition de nouvelles rames compatibles, l’installation de portiques automatiques et la modernisation de la signalisation. Tout cela a un coût et il était estimé, en 2011, à plus de 600 millions €. Il est fort probable que, onze ans plus tard, l’estimation de ce coût ait explosé. Pour que ce projet devienne une réalité, il faudra donc trouver le budget et ce n’est pas une mince affaire.

Convaincre les voyageurs

Cela peut paraître anecdotique pour la majorité des citoyens, surtout pour celles et ceux qui ont déjà fait l’expérience du métro automatique à l’étranger. Néanmoins, comme pour tous les véhicules autonomes, certaines personnes ne sont pas rassurées au niveau de la sécurité et ne sont pas prêtes, pour le moment, à monter dans un métro sans conducteur. Il faudra donc les rassurer. Mais cela ne devrait pas être compliqué tant la sécurité améliorée est l’un des avantages du métro automatique. En France, la ligne 1 du métro parisien est entièrement automatisée depuis dix ans et aucun accident de sécurité ferroviaire n’a été recensé sur les lignes automatiques.

Pas pour 2022

Pour conclure, le métro automatisé est toujours bel et bien prévu à Bruxelles mais les défis à relever sont encore nombreux. L’automatisation du métro devrait arriver progressivement et les lignes 1 et 5 devraient être les premières concernées, mais pas avant quelques années. Pour l’instant, il n’y a aucune échéance et la dernière déclaration en date de Brieuc De Meeus, le CEO de la Stib, est toujours d’actualité. « Avant tout, concentrons nos efforts sur la réduction des fréquences. Quand la Stib arrivera à une fréquence de 2 minutes sur le tronçon commun des lignes 1-5, entre Mérode et Gare de l’Ouest, là on pourra commencer à envisager l’automatisation. Mais pas avant », avait-il indiqué en novembre 2020. Une chose est sûre, le métro automatisé, c’est n’est donc pas pour 2022 !