Ces villes qui ont opté pour un centre-ville plus «vert»

Ces villes qui ont opté pour un centre-ville plus «vert»
Ph. O. Alija

De Louvain…

La ville de Louvain, en Belgique, se positionne comme un véritable exemple pour les autres villes moyennes européennes avec sa politique favorisant les mobilités légères en centre-ville. Aujourd’hui, piétons, vélos et trottinettes ont remplacé les voitures dans près de 75 % des rues du centre-ville. En effet, depuis maintenant quatre ans, tout son centre-ville s’organise autour de la place donnée au vélo. À tel point qu’aujourd’hui 75 % des routes lui sont réservées. Le reste est limité à 30 km/h, ce qui empêche, le cas échéant, les voitures de doubler les cyclistes roulant à deux de front.

Une forte évolution démographique et, avec elle, la peur d’un trafic congestionné et de plus de pollution, sont les déclencheurs de cette politique et ce plan de mobilité a fait ses preuves. L’offre publique de mobilité comprend aujourd’hui des vélos, mais aussi des trottinettes électriques en libre-service. À noter également qu’une navette autonome a même été testée cette année dans le cadre d’un parcours spécifique entre la gare et le Parc scientifique Einstein. Pour favoriser la pratique du cyclisme en ville, la ville a aussi beaucoup investi dans de nouvelles pistes cyclables et dans des parkings souterrains. Ceux-ci devraient prochainement pouvoir accueillir jusqu’à 4.000 vélos.

… à Londres…

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a annoncé que tous les prochains bus du réseau Transport for London (TfL) seront désormais électriques, sans la moindre émission de CO2 dans l’air. L’objectif est, qu’au plus tard en 2034, l’intégralité de la flotte soit 100 % zéro émission.

Aujourd’hui, les transports londoniens produisent un quart des émissions de carbone de la capitale anglaise. Actuellement, plus de 500 bus à zéro émission sont en circulation à Londres. D’ici fin 2022, 10 % de l’ensemble du réseau des bus londonien ne produira plus d’émissions de CO2. Sachant que le gouvernement anglais souhaite quant à lui accélérer la décarbonation des bus dans tout le pays, l’objectif de 2034 concernant la livraison de l’ensemble de la flotte des bus électriques pourrait finalement être atteint dès… 2030.

La ville de Londres estime que l’élimination des émissions de CO2 de ses bus permettra d’économiser environ quatre millions de tonnes de carbone d’ici 2037 (et même 5 millions si l’intégralité du réseau est passée à l’électrique dès 2030).

… en passant par les Etats-Unis

Parti d’Europe, le développement des transports en commun gratuits commence à faire de plus en plus d’émules dans le monde, y compris aux États-Unis. L’idée est de désengorger les centres-villes des voitures pour réduire les émissions de CO2 et y retrouver un air plus respirable.

Dans ce contexte, l’exemple le plus symbolique vient certainement de Détroit. Longtemps surnommée « Motor City » car accueillant les sièges sociaux de General Motors, Ford et Chrysler, Détroit entend désormais favoriser les transports en commun aux automobiles. Cela commence par son réseau de tramway QLine, désormais gratuit jusqu’à la fin de cette année. Cette ligne relie notamment entre eux un quartier d’affaire, un autre plus commercial ainsi qu’une université. Cette expérimentation est donc encore limitée, tant sur la longueur (la ligne concernée fait environ 5 km) que dans le temps mais représente un sacré défi dans un pays où les habitants ont du mal à faire plus de 50m sans monter dans leur voiture.

Également encore trop timide, San Francisco se contente pour le moment de proposer la gratuité sur son service de bus aux moins de 18 ans. Pour autant, d’autres villes, comme Alexandria, en Virginie, vont encore plus loin, en modifiant leur réseau afin de desservir davantage les quartiers les plus fréquentés, en plus évidemment de la gratuité des transports.

Il n’y a pas encore assez de recul aux États-Unis pour se rendre compte d’un réel impact de ce type de décision. En Europe, une étude publiée en 2016 montrait que les gens qui utilisent les transports en commun étaient davantage influencés par leur accessibilité que par les tarifs proposés. Dans les villes proposant les transports gratuits, le nombre de passagers a considérablement augmenté mais sans que cela ait réellement d’impact sur le trafic automobile, la plupart des usagers délaissant en fait la marche et le vélo.