Une championne d’échecs réclamait 5 millions $ à Netflix pour la série «Le Jeu de la dame»: un accord à l’amiable a été trouvé

Une championne d’échecs réclamait 5 millions $ à Netflix pour la série «Le Jeu de la dame»: un accord à l’amiable a été trouvé

La joueuse d’échecs géorgienne Nona Gaprindachvili a conclu un accord à l’amiable avec Netflix, mettant fin à la procédure judiciaire entamée par la légende des échecs soviétiques, qui accusait la plateforme de l’avoir dénigrée dans sa série à succès « Le Jeu de la dame », a indiqué mercredi à l’AFP une source proche du dossier.

Un accord trouvé

« Je suis heureux que ce dossier ait trouvé une issue », a commenté l’avocat de la joueuse, Alexander Rufus-Isaacs. Sollicité par l’AFP, Netflix n’a pas donné suite immédiatement.

Les deux parties étaient engagées dans une procédure de médiation depuis mars. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. La championne géorgienne réclamait 5 millions de dollars de dommages et intérêts à Netflix.

Conséquence de cet arrangement, la plateforme a formellement renoncé mardi à faire appel d’une décision d’une juge fédérale de Los Angeles, qui avait estimé que l’action de Mme Gaprindachvili était bien fondée, même si la série se voulait être une fiction.

« Grossièrement sexiste et dénigrante »

Nona Gaprindachvili reprochait aux auteurs de la série de l’avoir diffamée en incluant une mention de la joueuse géorgienne, selon laquelle elle n’aurait « jamais affronté d’hommes » en compétition, contrairement à l’héroïne fictionnelle du « Jeu de la dame », l’Américaine Beth Harmon (interprétée par Anya Taylor-Joy). Or, en 1968, année durant laquelle est censée se dérouler « Le Jeu de la dame », la légende des échecs soviétiques avait bien déjà affronté des dizaines d’hommes, avait fait valoir l’intéressée.

Cette allégation visant Mme Gaprindachvili « est manifestement fausse, ainsi que grossièrement sexiste et dénigrante », précisait la joueuse géorgienne dans l’assignation déposée devant un tribunal fédéral de Los Angeles en septembre 2021.

La plateforme avait initialement estimé cette action sans « aucun fondement », plaidant qu’il s’agissait d’une oeuvre de fiction protégée par la Constitution américaine et son premier amendement qui garantit la liberté d’expression.

Une ligne de défense invalidée par la juge Virginia Phillips, avant que les deux parties ne s’entendent finalement sur une issue extra-judiciaire.

Mme Gaprindachvili est devenue, en 1978, la première femme grand maître d’échecs de l’Histoire.