Les discothèques aussi se mettent au vert !

Les discothèques aussi se mettent au vert !
agrobacter / Getty Images©

La boîte de nuit glasgovienne SWG3 se met au rythme de la COP26. Elle a profité de la tenue du sommet sur les changements climatiques dans la métropole écossaise pour inaugurer une installation prometteuse qui permettrait de recycler la chaleur dégagée par les clubbers sur la piste de danse. La technologie «Bodyheat» capte la chaleur des personnes présentes à l'aide de pompes thermiques installées aux quatre coins de la discothèque. Elle est ensuite acheminée vers des puits de forage où elle peut être stockée pendant des jours, des semaines, voire des mois.

Ce nouveau système de recyclage énergétique a été inauguré le 7 novembre dernier, à l'occasion d'une soirée animée par la DJ et militante américaine Honey Dijon. Il pourrait permettre à SWG3 de réduire considérablement sa consommation d'énergie et d'économiser 70 tonnes de CO2 par an. Et pour cause : l'énergie thermique émanant du corps humain s'élève, en moyenne, entre 100 et 120 watts. Soit l'équivalent de la consommation d'un ordinateur pendant une heure.

La discothèque SW3G n'est pas la seule à essayer de transformer les pistes de danse en source d'énergie renouvelable. Le club WATT de Rotterdam est apprécié des noctambules néerlandais tant pour sa programmation musicale que son engagement écologique. Il abrite notamment un «dancefloor durable», une piste de danse dont les dalles accumulent l'énergie dégagée par les pas ou les déhanchements des clubbers. Energy Floors, la société néerlandaise à l'origine de cette piste de danse futuriste, estime que chaque danseur peut produire de 5 à 20 watts en fonction de son activité dans la discothèque.

Rendre les discothèques éco-responsables "cool"

Si ces initiatives peuvent paraître anecdotiques face à la voracité énergétique du monde la nuit, elles ont le mérite de sensibiliser les clubbeurs à la nécessité de rendre les discothèques plus «vertes». «Les gens veulent sortir, mais pas se faire sermonner sur la façon de vivre leur vie. En rendant la durabilité cool, nous pouvons faire passer le message à un public plus large», avait déclaré Michel Smit, fondateur du festival de musique électronique de Rotterdam et maintenant CEO d'Energy Floors, au Guardian en 2007.

Plusieurs villes européennes se sont donné la même mission, Berlin en tête. La capitale allemande aspire, comme le reste du pays, à atteindre la neutralité carbone d'ici 2045. Un projet ambitieux qui nécessite la participation des propriétaires des discothèques et autres professionnels du secteur de la nuit. Il faut dire que la scène électro berlinoise est particulièrement énergivore : une boîte de nuit émet, en moyenne, 30 tonnes de CO2 par an, selon BUND-Friends of the Earth Germany.

Face à l'ampleur du phénomène, l'ONG allemande s'est associée à l'association clubliebe e.V. et la commission des clubs de Berlin pour aider les discothèques de la ville à devenir plus respectueuses de l'environnement. A travers le projet Clubtopia, elles organisent des séminaires mettant en relation des professionnels du tourisme de la fête avec des experts en durabilité. Le but ? Inciter le monde de la nuit à prendre des mesures concrètes en faveur du climat comme l'utilisation de lampes LED ou une meilleure gestion des déchets.

Une expérience amusante

«Un club de taille moyenne consomme environ 1.000 kwh le week-end, soit autant qu'un foyer monoparental économe en un an. Avec le projet Clubtopia, nous voulons parvenir à une amélioration significative de l'empreinte environnementale des clubs», a déclaré dans un communiqué Matthias Krümmel, responsable chez BUND-Friends of the Earth Germany.

Les responsables du projet Clubtopia espèrent que cette initiative incitera les professionnels du tourisme de la fête à devenir plus éco-responsables... tout comme les clubbeurs eux-mêmes. Konstanze Meyer, coordinatrice de projet pour Clubtopia, en est convaincue. «Nous devons protéger [les discothèques], les protéger pour que les générations futures puissent encore créer de l'art et que les gens puissent encore s'y réunir. Cela signifie également que nous pouvons utiliser la culture comme un véhicule pour sensibiliser à l'éco-responsabilité dans tous ses aspects», a-t-elle déclaré dans un épisode du podcast "Politics of the Dance Floor". «Nous pouvons, par exemple, transmettre un bon comportement écologique aux clubbeurs [...] et [leur montrer] que l'expérience est toujours aussi amusante même si s'ils vont faire la fête dans une discothèque éco-responsable».