Jérôme de Warzée, un drôle de gus avec un cactus

Jérôme de Warzée, un drôle de gus avec un cactus

Ton CV est immense! Spectacles, chroniques, livres… tu fais ça depuis le berceau?

"Pas du tout. J'ai arrêté l'école à 16 ans et j'ai fait plein de petits boulots : pizzeria, magasin de sports, j'ai même dépanné dans un peep show (rires)… Puis j'ai été instructeur de conduite pendant des années. Je n'ai commencé à écrire qu'à 33 ans. Et c'est quand j'ai commencé la radio en 2010 que tout s'est accéléré."

Tu as dû en voir passer de l'être humain! C'est là-dedans que tu vas puiser ton inspiration?

"C'est vrai que j'ai eu un long stage d'observation avant de me lancer comme humoriste. Tant qu'il y aura des gens, il y aura des sketches! Mais mon principal job, les cours de conduite, m'a surtout apporté le contrôle de mes émotions. Ce n'est pas une blague! J'étais tous les jours en danger de mort, moi! Et je suis sûr que sur scène, cela m'a beaucoup servi au niveau du self control. Mais toutes ces années passées avant ma carrière d'humoriste m'ont surtout permis d'acquérir une culture sans laquelle je ne pourrais pas faire ce que je fais."

Et comment passe-t-on de moniteur d'auto-école à humoriste?

"J'ai tout appris sur le tas. J'ai fait plein de petites scènes. Puis je suis parti pendant six-sept ans jouer à Paris. Et en 2009, j'ai failli tout arrêter. Je ne m'amusais plus. L'ambiance à Paris était glaciale. Je me suis dit que la seule chose que je voulais encore faire était d'écrire des chroniques radio. Et c'était une bonne décision!"

Pourquoi la radio?

"Cela m'oblige à travailler tout le temps! C'est rythmé. Et surtout, cela m'a donné une visibilité formidable! Cela m'a permis de bosser avec les frères Taloche, Virginie Hocq… Et puis cela m'a permis de continuer les spectacles. Là, je fignole d'ailleurs mon prochain spectacle que je jouerai en septembre. Il s'appellera ‘Réservé à un public fin'. Bourré de références aux affaires politiques wallonne évidemment!»

L'actualité politique, du pain béni pour les humoristes en ce moment!

"C'est vrai qu'il y a des pics. Mais je trouve qu'en Belgique, on n'a jamais de mal à trouver de l'inspiration à ce niveau-là. Il y a tellement de niveaux de pouvoirs et de guéguerres d'ego."

Pour vivre du métier d'humoriste en Belgique, il faut être multi-casquettes?

"C'est clair que ça aide! Je suis un vrai cumulard. Je fais les chroniques radio, le Grand Cactus à la télé, les spectacles, les bouquins… Là, je vais d'ailleurs sortir un nouveau recueil de mes chroniques. Ce sera un bouquin parfait pour les toilettes! (rires)"

Pourquoi cette référence au cactus souvent dans tes projets?

"À la base, mes chroniques radio s'appelaient ‘Le cactus dans le waterzooi'. Je voulais mettre ‘Un cheveu dans la soupe' à la sauce belge. J'ai demandé à ma fille, qui avait 8 ans à l'époque: 'Qu'est ce qui pique?' Elle m'a dit un cactus. C'est resté. Puis, il y a eu « Télé-cactus », une séquence que je présentais à la fin de ‘7 à la Une' avec Fabian Le Castel et ‘Un duo dans le cactus', un spectacle avec Kodi."

Et maintenant, le Grand Cactus!

"C'était un vrai pari parce que l'humour en plateau télé est un défi difficile. Il y a déjà eu beaucoup d'expériences malheureuses. La différence, ici, c'est qu'on n'a pas mis des gens ‘plic ploc' sur un plateau en se disant ‘pourvu que ça prenne'. On a choisi des personnalités qui se connaissaient déjà bien, qui se complètent et fonctionnent bien ensemble. On a une trame rythmée avec le duplex de James Deano, Kodi qui se déguise… Et ça fonctionne bien! On devait faire 6% de part de marché minimum pour continuer. Et dernièrement, on a fait 22%... Sans se la péter… 'Le Grand Cactus', ça cartonne!"

Carte d'identité

Jérôme de Warzée est né en 1970 à Uccle. Son père, Michel de Warzée, est comédien et metteur en scène. Au début des années 2000, Jérôme se lance dans l'écriture et le spectacle. Il est également champion de Belgique de scrabble à trois reprises. Il participe aux Grosses Têtes, écrit et co-écrit des pièces de théâtre, plusieurs one-man-shows (dont "The chauve must go on" sorti en 2010), collabore avec les Frères Taloche…

Depuis 2014, on peut l'entendre chaque matin sur Vivacité avec sa chronique "Le Cactus". Et depuis 2015, il anime sa propre émission sur La Deux: "Le Grand Cactus", avec Adrien Devyver et leurs chroniqueurs.

"Le Cactus", tous les matins à 8h20 sur Vivacité

"Le Grand Cactus", tous les jeudis à 20h30 sur La Deux.

www.jeromedewarzee.com

www.facebook.com/jeromedewarzee/