Comment en finir avec l’onychophagie, cette manie de se ronger les ongles?

Comment en finir avec l’onychophagie, cette manie de se ronger les ongles?
Ph. Flickr

Autrefois, nos ongles nous servaient à griffer pour nous défendre. Ils sont désormais devenus quasiment inutiles mais poussent pourtant toujours. Certains, plutôt que d’utiliser un coupe-ongles, trouvent plus pratique ou plus rapide de les ronger. Quand la pratique n’est plus maîtrisée, elle devient alors un symptôme.

Elle survient souvent durant l’enfance mais peut aussi arriver à l’âge adulte, l’onychophagie concerne une grande partie de la population. Ce sont les enfants et les ados qui sont le plus touchés. Les jeunes enfants portent très tôt leurs doigts à leur bouche, notamment, lors des poussées dentaires. Le problème apparaît dès cette période. Ce comportement est donc quasiment inné, ou en tout cas acquis très tôt. Mais il peut aussi ne se manifester qu’à l’âge adulte.

Comportement antistress

t antistress. On peut aussi se ronger les ongles simplement par ennui, lorsque l’on a faim ou lors d’un moment de grande concentration. Ce comportement auto-agressif peut aussi résulter de l’accumulation de frustrations, de timidité ou d’une baisse d’estime de soi. Certains chercheurs soulignent même un aspect de jouissance masochiste.

Notre rythme respiratoire change lorsque l’on se ronge les ongles. Et une fois qu’on a pris cette habitude, il est difficile de s’en défaire. La pratique devient alors un trouble obsessionnel compulsif (TOC) ou une addiction. Nombreux sont ceux qui finissent par s’abîmer les ongles, l’extrémité des doigts ainsi que l’éponychium (la cuticule de peau à la base de l’ongle). On peut aussi souffrir d’une déformation permanente de l’ongle ou d’inflammation chronique, voire d’infections. Les formes les plus graves peuvent même aller jusqu’à l’automutilation !

Quelles solutions ?

Alors comment en finir avec l’onychophagie ? Puisqu’il s’agit d’un problème psychologique, il faut essayer d’apprendre à gérer son anxiété en en reconnaissant les causes. Il est prouvé que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le traitement le plus efficace pour ce trouble. Il faut essayer de prendre conscience de son comportement et de se demander à quel moment il intervient. On recommande aussi des séances de relaxation et de méditation. L’hypnose pourrait également être d’une grande aide.

Punir ses enfants lorsqu’ils se rongent les ongles serait par ailleurs contre-productif. Il vaut mieux, au contraire, les féliciter lorsqu’ils s’abstiennent de le faire. Pour l’adulte, la prise d’anxiolytiques ou antidépresseurs n’aurait que peu d’effet, selon de nombreux spécialistes.

Il existe par ailleurs quelques trucs et astuces pour éviter de se ronger les ongles. On peut en placer des faux ou bien utiliser des vernis amers au goût si désagréable qu’il vous fera instantanément prendre conscience de votre geste. On recommande aussi la mastication (de chewing-gums sans sucre), l’utilisation de boules antistress et la pratique d’un sport.

Mais lorsque l’on souffre d’onychophagie sévère, ces solutions se révèlent souvent insuffisantes. Il faut alors privilégier une approche globale en s’intéressant à toutes les causes du trouble.