Les cartes Pokémon, objet de toutes les convoitises

Les cartes Pokémon, objet de toutes les convoitises
Ph. Unsplash

C’est en 1999, trois ans après les Japonais, que le public européen découvrait pour la première fois Pokémon via les cartouches Pokémon Rouge et Pokémon Bleu sur Gameboy. Le succès fut phénoménal et rapidement, la licence a été déclinée à toutes les sauces : peluches, figurines, stickers, dessin animé ou encore les cartes à jouer. Vingt-cinq ans après la sortie du jeu au Japon, le succès de ces « monstres de poche » (Pokémon est la contraction de « pocket monsters ») ne faiblit pas. Cinq ans après le phénomène Pokémon Go (rappelez-vous de tous ces jeunes qui sortaient dans les rues avec leur smartphone pour capturer des Pokémon en réalité augmentée), Pokémon fait à nouveau parler de lui dans le monde entier avec le retour en grâce des cartes à collectionner.

Les cartes de notre enfance

Si vous étiez enfant ou adolescent au début des années 2000, vous avez probablement déjà tenu une carte Pokémon entre les mains. Reconnaissables par leur verso de couleur mauve orné d’une Pokeball, ces cartes à collectionner s’échangeaient dans les cours de récré. Cet article va sans doute vous donner envie de demander à vos parents s’il n’y a pas encore quelques-unes de ces cartes qui traînent dans vos affaires d’enfance. En effet, à condition d’être dans un état irréprochable (ce qui est quasiment impossible si vous avez joué avec), certaines peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros.

L’engouement envers les cartes Pokémon n’est pas neuf. D’ailleurs, selon la Pokémon Company, détenue en partie par Nintendo, il s’en est déjà écoulé 30 milliards au cours des deux dernières décennies. Mais plus que jamais, elles reviennent sur le devant de la scène et font énormément parler d’elles.

Une denrée rare

Pour bien comprendre ce phénomène, il faut revenir quelques mois en arrière. En octobre 2020, le youtubeur américain Logan Paul a posté une vidéo intitulée « J’ai acheté une boîte de cartes Pokémon à 200 000 dollars ». Dans cette séquence, le jeune homme explique à ses 23 millions d’abonnés comment il a replongé dans les cartes Pokémon de son enfance et pourquoi il se remettait à les collectionner. Devant le succès de cette vidéo, le youtubeur a commencé à filmer le déballage de centaines de « boosters », les paquets de cartes Pokémon, à la recherche des cartes les plus rares. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour relancer la folie autour des cartes Pokémon. Des centaines de youtubeurs et d’influenceurs ont surfé sur la vague et au fil des mois, les cartes Pokémon sont devenues aussi recherchées que des rouleaux de papiers WC durant le premier confinement.

AFP / C. Delmas

« Moi, j’investis dans du Pokémon »

Durant la première moitié de 2021, les cartes Pokémon sont devenues un véritable phénomène de société. L’engouement a été tel que les magasins de jouets et les libraires ont été pris d’assaut et se sont retrouvés en rupture de stock. Sur les plateformes de revente, le nombre de transactions concernant les cartes Pokémon a grimpé en flèche. Tout comme les prix… Il faut dire que les tarifs atteints lors de ventes aux enchères ont de quoi donner des idées aux collectionneurs et aux spéculateurs. Le Graal ? La carte Dracaufeu première génération (1999) holographique en parfait état. Le 21 février, eBay enregistrait une vente record de plus de 418.000 € pour cette carte. Une fameuse plus-value quand on sait qu’un paquet de 10 cartes est vendu au prix moyen de 7 €. En juin dernier, Drouot a organisé à Paris la première vente aux enchères exclusivement consacrée aux cartes Pokémon sur le territoire français. 125 lots de cartes Pokémon ont attiré des centaines de collections, d’acheteurs amateurs et de curieux. Le clou du spectacle ? La vente de la tant recherchée carte Dracaufeu de 1999 soigneusement rangée dans son étui de plexiglas qui a finalement été adjugée pour 7.800 € (hors frais).

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Tanguy est un chef de projet marketing de 24 ans. Il a grandi avec les Pokémon et depuis le printemps dernier, il s’est remis à acheter des cartes. Depuis le mois de mai, il a dépensé environ 400 € dans l’achat de « boosters ». Au-delà de la collection, pour lui, c’est presque comme un investissement. « Certains investissent dans des cryptomonnaies. Moi, j’investis dans du Pokémon », raconte-t-il. D’ailleurs, il estime que sa collection vaut aujourd’hui jusqu’à 1.700 €.

La certification de cartes cartonne

Pour établir cette estimation, Tanguy se base sur les ventes de produits similaires sur eBay. Mais ce n’est pas l’indicateur le plus fiable. Aujourd’hui, les vrais collectionneurs se tournent vers des organismes de certification de cartes de collection, comme l’entreprise PCA en France. L’authenticité est vérifiée grâce à un numéro d’identification. Une note est ensuite attribuée, qui baisse fortement si la carte est, rayée, écornée ou abîmée. Tout au long de l’année 2020, l’organisme a certifié 1.000 cartes tout au plus. Ces derniers mois, PCA a engagé des collaborateurs à tour de bras pour certifier jusqu’à 40.000 cartes par mois. « À l’époque, on certifiait des cartes ultra-rares, mais aujourd’hui on reçoit des cartes plus récentes à plus faible valeur car si l’état de conservation est bon, les personnes gagnent de l’argent par rapport au prix d’achat », explique François-Xavier Colombani, dirigeant de PCA.

Gare aux arnaques

Il fallait s’y attendre. Les prix vertigineux atteints par certaines cartes, la demande plus importante que l’offre et l’engouement général ont entraîné l’apparition de tout un tas d’arnaques sur le web. Ces derniers mois, de nombreux internautes se sont fait avoir en achetant de faux boosters, vendus à prix d’or, sur internet. Des sites frauduleux n’hésitent pas à faire de la publicité sur Facebook, YouTube ou Instagram. Soyez donc vigilants et privilégiez les points de vente officiels et réels, quitte à devoir se montrer patient et à s’inscrire sur une liste d’attente pour obtenir les précieux paquets de cartes lors de la prochaine livraison. Évitez également d’acheter des cartes sur Vinted ou sur le Market Place de Facebook. Vous risquez là aussi de tomber sur des contrefaçons.