Comment l’attrait physique impacte-t-il les notes des étudiants?

Comment l’attrait physique impacte-t-il les notes des étudiants?
Ph. Unsplash

Le chercheur Adrian Meheric a rassemblé des données venant d’une université suédoise d’ingénierie pour mettre à l’épreuve sa théorie quant à l’utilité de soigner son apparence en classe. Pour ce faire, il a demandé à un panel de 74 personnes de classer l’attrait de 307 étudiants sur une échelle de 1 (extrêmement peu attrayant) à 10 (extrêmement attrayant).

Et les résultats de cette étude pas comme les autres sont particulièrement intéressants. Ils montrent que les cours non quantitatifs comme le commerce ou l’économie, l’attrait des étudiants se reflétait dans leurs notes. À l’inverse, pour les matières quantitatives, comme les mathématiques et la physique, l’impact de l’attrait des étudiants était minime car ces matières ne nécessitent pas souvent de présentations.

Les femmes victimes de discrimination

Le scientifique explique : « Cette étude montre que l’attrait facial des étudiants a un impact sur les résultats scolaires lorsque ces cours ont lieu en personne. Lorsqu’il se déroule en ligne, comme cela a été le cas durant la pandémie, les notes des étudiantes avec un bel attrait physique ont diminué. » Et cela ne vaut pas pour les hommes, ce qui rend cette étude d’autant plus intéressante. Pour le chercheur, cela signifie que les femmes sont victimes de discrimination.

« Il existe une prime à la beauté, tant pour les hommes que pour les femmes, lorsque l’enseignement se faire sur place. Toutefois, celle-ci disparaît pour les femmes lorsqu’un cours est dispensé en ligne. Cela signifie, à mes yeux, que chez les hommes, cette prime est due à un attribut productif (ex : avoir une plus grande confiance en eux), alors qu’il s’agit simplement d’une discrimination chez les femmes », estime l’expert. Celui-ci précise toutefois que des études plus approfondies doivent être menées pour mieux cerner ce phénomène.

Un constat déjà vérifié par le passé

Mais ses conclusions concordent avec une étude menée par l’économiste Eva Sierminska en 2015. Celle-ci estimait que les personnes que l’on considérait comme séduisantes étaient généralement payées 15 % de plus que les autres, surtout lorsqu’il existe une interaction avec le client ou le consommateur. Ce phénomène est particulièrement visible chez les hommes : « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les hommes bénéficient davantage sur le marché du travail de l’investissement dans l’apparence physique que les femmes. »