Une affiche très variée et un site gigantesque: voici ce qu’il faut retenir de cette édition de Pukkelpop

Une affiche très variée et un site gigantesque: voici ce qu’il faut retenir de cette édition de Pukkelpop

Avant de débuter Pukkelpop cette année, nous étions déjà sous le charme de l’affiche, qui annoncait un week-end épique à Kiewit. Certains conflits horaires étaient assez déchirants, mais nous savions que c’était le jeu, et nous avions donc tout préparé pour profiter au maximum de ces journées de festival. Nous avions décidé de faire l’impasse sur la première journée de festival jeudi, car celle-ci n’est qu’un avant-goût de Pukkelpop et la plupart des artistes qui performent lors de celle-ci n’ont pas encore de réelle notoriété.

C’est donc vendredi que nous avons posé notre tente au camping Chill, juste en face du site de festival, ce qui permettait de limiter les trajets en navette ou à pieds. Celui-ci était plutôt calme (surtout lorsque l’on a fait cinq jours de Dour il y a un mois), et permettait donc de se reposer de façon réparatrice une fois les concerts terminés, aux alentours de 4h tout de même, donc. Et si vous vouliez encore faire la fête, hors de question: la sécurité était là pour veiller à la quiétude du camping et demandait notamment de couper les enceintes. Plutôt logique. Le camping était globalement propre, notamment grâce au fait qu’un sac poubelle vous permettait de récupérer 10 euros sur votre compte en banque. Etant donné le prix du ticket, de la nourriture et des boissons, on ne crache clairement pas dessus.

Un programme de concerts bien chargé

Mais il faut dire que nous en avons eu pour notre argent. L’affiche de Pukkelpop est sans doute la plus écléctique de l’été en Belgique. Et avec pas moins de dix scènes différentes, il était impossible de ne pas trouver son bonheur. Le vendredi, c’est le rappeur Skepta qui a ouvert notre bal de concerts. S’en est suivie une performance de patrons de Nothing But Thieves, emmenés par la voix subjugante de Conor Mason. Nous nous sommes ensuite baladés jusqu’à la scène Booth, tout au fond du festival, où Bibi Seck faisait danser les amateurs d’EDM. L’occasion pour nous de faire un petit tour dans le Bizar, cet espace où la culture foraine est mise à l’honneur et où, qu’on se le dise, on se paie une bonne tranche de rigolade entre copains. Tamino a bercé les festivaliers durant une bonne heure, mais ceux-ci ont eu l’occasion de se réveiller en allant voir la prestation de Rüfüs du Sol, qui était toutefois en compétition avec James Blake, que ceux qui voulaient continuer à faire la sieste n’ont pas manqué. Il a ensuite fallu faire un choix entre Slipknot et Goose pour «le» concert de la journée. Ce sont finalement les Belges qui ont remporté nos faveurs et pour cause: «Synrise» résonne en Flandre comme un hymne absolu et c’est donc un moment à ne pas manquer. La journée s’est terminée avec un set décevant de Camelphat, qui n’a malheureusement pas réussi à nous transporter.

Quelques heures de sommeil plus tard, nous avons repris notre marathon de concerts samedi, avec les concerts d’Al-Qasar et Lola Haro, regardés de loin, avant le DJ set de Cellini, toujours diablement efficace. Se sont enchaînés ensuite les concerts d’Aurora, de The Opposites et de Job Jobse, avant un petit break bien mérité pour manger un bout. L’étonnant Marc Rebillet a fait, comme à son habitude, le show, empiétant même un peu sur le concert de Tame Impala, que l’on s’était pourtant promis de ne pas rater. Jungle a pris le relais, faisant danser tout la plaine de Kiewit durant une heure, avant de nous laisser avec un choix cornélien: Charlotte De Witte, Paula Temple ou Caribou. C’est finalement sur ce dernier que nous avons jeté notre dévoulu, laissant la reine de l’électro belge avec ses malheureux problèmes techniques. Sur Instagram, la DJ a fait part de sa déception à ses fans, sans manquer de les remercier pour leur soutien inconditionnel, malgré les ennuis qu’elle a rencontrés (quatre coupures de son, une table de mix à changer, etc.).

Dimanche était certainement la journée de festival que nous attendions le plus de l’été. C’est certainement aussi la plus belle journée de festival que nous avons vécue de l’été. Celle-ci a commencé avec le groove de Tom Misch, qui maîtrise toujours aussi bien sa guitare. Elle a ensuite pris une tournure dantesque lors du concert de Fred Again.., qui a montré toute l’ampleur de son talent, que l’on avait déjà constatée lors de son concert au Botanique il y a quelques mois. Touchant et touché, le Britannique a enchaîné les moments plus calmes avec des segments beaucoup plus dansants, dans une hystérie quasi générale. le rythme est ensuite légèrement retombé avec la douce prestation de Joy Crookes, mais il a repris de plus belle lors du concert de Glass Animals, particulièrement attendu par le public plutôt jeune du festival. Oscar & the Wolf, qui avait expliqué récemment connaître une période difficile et qui avait hésité à annuler ses dates de concert, n’a rien laissé paraître de cela. Le Belge à la voix hypnotique a délivré un show de patron devant un public complètement acquis à sa cause. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des Britanniques d’Arctic Monkeys. Particulièrement attendu, le groupe s’est un petit peu débarrassé de son concert, jouant comme s’ils sortaient d’une tournée de 100 dates alors qu’ils sont sur la route depuis dix jours. Ce faux pas de la part d’Alex Turner et sa bande n’a pas entâché une journée de festival déjà bien fournie, que nous avons terminée avec Alia et les derniers fêtards souhaitant profiter jusqu’au bout de la nuit de ce que Pukkelpop avait à lui offrir.

A l’heure du bilan, il est difficile de qualifier Pukkelpop d’autre chose qu’une franche réussite. Outre les concerts, les activités et les choses à découvrir sur l’immense site du festival ne manque pas. Pour faire le tour des scènes et de la plaine d’Hasselt, il faut se lever tôt et ça tombait plutôt bien, puisque l’on avait pas vraiment sommeil. See u next year, Pukkelpop!