En quoi Noël peut être une fête angoissante?

La fête de Noël, avec ses décorations, son ambiance chaleureuse, ses musiques, sa traditionnelle distribution de cadeaux… peut nous plonger instantanément dans une bulle de bonheur. Mais pour certains, la période des fêtes s’apparente à une véritable hantise.

par
Oriane Renette
Temps de lecture 3 min.

Noël approche à grands pas. Les maisons s’illuminent, les villes scintillent de mille feux. Les cadeaux prennent place sous le sapin et l’on s’affaire aux derniers préparatifs du réveillon. Quand pour certains tout cela n’est que réjouissance, d’autres appréhendent fortement les fêtes de fin d’année. Parfois même sans le savoir.

«On ne s’imagine pas que Noël puisse être une fête angoissante. Et pourtant, dès le mois d’octobre, je reçois des patients stressés, qui souffrent de migraines, de troubles digestifs… sans en connaître la cause», nous raconte Roger Fiammetti, ostéopathe et auteur du livre «Les Angoissés de Noël». «Ces gens ne savent même pas que c’est le réveillon de Noël qui les met dans cet état-là. Ils ont hâte que ce soit derrière eux, mais sans savoir pourquoi. Ce qu’ils ne soupçonnent pas, c’est que cette réunion familiale les ramène à leurs blessures d’enfance… mais de façon inconsciente.»

Des maux psychosomatiques

«Noël n’est plus tant une fête religieuse. C’est surtout la transhumance de tous les membres de la famille. C’est le retour au noyau, et le creuset émotionnel de toutes les angoisses refoulées. Les adultes revivent ce qu’ils ont vécu en étant petits, les mêmes transactions», poursuit ce spécialiste des émotions.

«Celui qui s’est senti mal-aimé lorsqu’il était petit va retrouver la même dynamique dans les interactions avec ses parents, tandis que le chouchou sera une nouvelle fois mis sur un piédestal. Les disputes qui sont les mêmes depuis toujours vont revenir. Celui qui a été trahi va être méfiant, celui qui a été abandonné va avoir peur de l’oubli… À travers les interactions qui se jouent à la table de Noël, on peut aller à la rencontre de ses blessures d’enfance, de ces émotions inscrites au plus profond de nous». En effet, ces angoisses, notre corps va nous les communiquer. Ses messages, il faut pouvoir les écouter. Car notre corps, lui, ne se trompe jamais.

«Les blessures d’enfance sont particulièrement réactivées à l’époque Noël. La fête de Noël peut donc faire prendre conscience des vrais problèmes. Faire subtilement émerger ce qui se trame dans notre subconscient.» Et c’est d’autant plus important d’y faire face que ces comportements vont également se retrouver dans d’autres pans de nos vies, au travail par exemple.

Comment passer un bon réveillon?

«La solution pour passer un bon réveillon, c’est de régler le problème avec soi-même. Ce n’est pas en accusant l’autre que l’on règle le conflit. Il faut comprendre ce qui nous dérange intérieurement, ce que ce conflit a créé au plus profond de soi. Et voir ce que l’on peut régler entre soi et soi», nous indique le praticien. «Après, ça nous libère. Ça nous permet de prendre des décisions, de se positionner, de prendre du recul. Alors, on peut aller vers l’autre. Si l’on prend conscience de tout cela avant, cela permet de rendre la fête plus légère, et de ramener ce qu’il y a de magnifique dans Noël: le rassemblement de la famille, le retour au foyer où l’on vient se nourrir émotionnellement.»

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