Travailler dans le métavers,c’est possible mais pas très efficace!

Travailler dans le métavers,c’est possible mais pas très efficace!
Ph. Unsplash

Les promesses sont nombreuses autour du métavers, tout autant que les questions qui fâchent. L’une d’entre elles concerne notre capacité à travailler dans cette doublure numérique du monde physique. Une équipe de chercheurs de l’Université de Cobourg, de l’Université de Cambridge, de l’Université de Primorska et de Microsoft Research a tenté l’expérience.

Ils ont proposé à 16 personnes, dix hommes et six femmes, de travailler dans la réalité virtuelle durant cinq jours. Ils ont effectué leurs tâches professionnelles devant un ordinateur, comme à leur habitude, mais avec un casque Oculus Quest 2 sur la tête. Cette configuration particulière a eu des effets négatifs sur leur productivité. Les participants ont déclaré que leur charge de travail a augmenté de 35 % durant l’expérience. Leur frustration a aussi grimpé en flèche (+42 %), tout comme leur anxiété (+11 %).

Des impressions mitigées

Force est de constater que travailler avec un casque de réalité virtuelle est loin d’être une expérience agréable. Les participants de l’étude ont eu physiquement du mal à s’habituer à cet outil immersif, qu’ils ont dû porter huit heures par jour. Ils ont ressenti une grande gêne aux yeux, des maux de tête et un sentiment d’inconfort lié à la perte de leurs repères. Si ces effets se sont atténués avec le temps, deux personnes ont dû abandonner avant la fin du premier jour de l’expérience. La raison ? L’utilisation d’un casque de réalité virtuelle a provoqué, chez eux, de multiples migraines et nausées.

Quelques avantages

Les auteurs de l’étude soulignent toutefois que certains participants ont vu des avantages au fait de travailler dans le métavers. Le casque de réalité virtuelle permet une grande concentration. Fini le brouhaha ambiant, les multiples interruptions des collègues ou les invitations (tentantes) à faire une pause autour de la machine à café. Mais cette immersion totale n’est pas au goût de tous. « D’autres participants ont eu des expériences négatives dues à cet isolement, que ce soit en raison d’un sentiment de malaise produit par une incapacité à percevoir qui est à proximité ou des obstacles que cette configuration présente pour la collaboration en face à face », peut-on lire dans l’étude.

Malgré ces impressions mitigées, tous les participants de l’étude disent qu’ils ne verraient aucun inconvénient à utiliser la réalité virtuelle pour certaines tâches professionnelles, ou encore une partie de la journée. Pour les chercheurs, cela laisse entrevoir un avenir où certains professionnels pourront alterner entre monde physique et métavers en fonction du travail qu’ils ont à accomplir. Un nouveau monde du travail se dessine devant nous.