Pour un meilleur équilibre de vie, les salariés sont prêts à faire des compromis

Pour un meilleur équilibre de vie, les salariés sont prêts à faire des compromis
Ph. ImYanis / Shutterstock

Après deux ans de pandémie, de nombreuses entreprises américaines demandent à leurs employés de revenir au bureau à plein-temps ou au moins deux à trois jours par semaine. Un nouveau rythme de travail qui n’enchante guère les employés, habitués à travailler à plein-temps de chez eux et à organiser leur quotidien (professionnel, mais aussi personnel) de cette manière.

Ce désaccord entre employeurs et salariés entraîne souvent des négociations. Certaines entreprises acceptent encore le télétravail, voire même le changement géographique, en échange d’une baisse de salaire. La pratique, impulsée par les grandes entreprises de la technologie comme Facebook, Google, Twitter, a notamment été observée sur le marché américain.

Baisser le salaire ?

Dans un rapport de Payscale dévoilé en août 2021, 14 % des employeurs déclarent envisager de moins payer les travailleurs « remote » installés dans des zones où le coût de la vie est moindre. Ils sont néanmoins encore peu à penser de cette manière puisque dans la grande majorité (60 %), les employeurs n’imaginent pas baisser le salaire de leurs salariés en télétravail.

« Nous constatons une augmentation des paiements par médiane nationale ou en regroupant des régions similaires en zones de rémunération, ce qui permet d’atteindre l’objectif d’une stratégie de rémunération basée sur la localisation de l’employé en utilisant des différentiels géographiques, et ce, avec moins de tracas administratifs », notait Payscale.

Mais cette pratique soulève quelques questions. À poste et responsabilités similaires, un employé en Géorgie peut-il être moins payé qu’un employé à New York ?

Un meilleur équilibre vie professionnelle/personnelle

Mais si cette tendance était déjà présente depuis quelques années, renforcée par la généralisation du télétravail en 2020 et 2021, réduire les salaires est une manière pour les employeurs de réduire les coûts dans un marché du travail tendu.

Pourtant, côté employé, certains sont prêts à faire des compromis. C’est le cas notamment de Tracey Parson qui témoigne dans un article du Los Angeles Times.

« J’accepterais certainement une réduction de salaire, même si je ne pense pas que ce serait juste », déclare-t-elle. Cette traductrice de 46 ans travaille aux Nations unies. Elle vit dans la banlieue de New Rochelle au nord de New York et se rend deux fois par semaine au siège de l’organisation à Manhattan. La traductrice estime que travailler depuis chez elle lui permet d’économiser des centaines de dollars par mois, notamment sur les trajets et les repas du midi.

Comme elle, d’autres personnes accepteraient volontiers de perdre une partie de leur salaire pour continuer à travailler depuis chez elles. En Australie, un tiers des travailleurs l’envisagerait selon un rapport de Linkedin sur l’indice de confiance de la main-d’œuvre (2021). Parce qu’à domicile, ils ressentent davantage un sentiment d’équilibre entre vie personnelle et professionnelle.