Le système éducatif prépare-t-il les jeunes aux études supérieures?

Le système éducatif prépare-t-il les jeunes aux études supérieures?
Ph. Pexels

Après la rentrée, avec mes colocs, on a parrainé des nouveaux venus en première bachelier. Tous étaient déjà dépassés au bout de quelques semaines. Et pourquoi ? Certes, la crise du Covid a joué mais ils ne s’attendaient pas à ce fossé de niveau et de régularité. Si quelques dizaines de minutes leur suffisaient en secondaire, c’est loin d’être le cas maintenant. Le système éducatif nous prépare-t-il vraiment aux réalités des études supérieures, aux réalités du monde du travail ? J’en doute.

Un système trop théorique

Un des éléments qui ressort le plus est le manque de savoir-faire pratique. On nous inculque des faits, des dates, des informations à retenir pour ensuite faire étalage de notre savoir devant des feuilles d’évaluation mais, concrètement, sommes-nous capables de les appliquer ? En arrivant aux études, on remarque que, parfois, sortir du théorique nous est compliqué parce qu’on n’en a pas l’habitude. Or, dans le monde pratique du travail, la connaissance est la base à la mise en pratique. Peut-être que le système éducatif devrait être davantage tourné vers les demandes réelles de la vie active.

Un système dépassé ?

Apprendre c’est bien, comprendre notre monde c’est mieux. Le monde est en perpétuel changement : augmentation de la place du numérique, création de nouveaux métiers encore méconnus, débats sociétaux liés au féminisme et autres… Quelle est leur place dans notre système éducatif ? En secondaire, ils sont presque inexistants. N’aidant, ainsi, aucunement, les élèves à devenir des adultes et citoyens responsables dans un monde en mutation. Heureusement, durant les études supérieures, les cursus peuvent s’adapter, même si ce n’est pas le cas de toutes les hautes écoles et universités. Les élèves et étudiants doivent pouvoir forger leur esprit critique. Pour cela, ils doivent être sensibilisés à tous ces faits.

Un système qui bride l’originalité

Depuis peu, le critère d’originalité est présent sur quelques grilles de correction lors d’exposés, de projets à remettre. Ce n’est pourtant pas une caractéristique très encouragée. On demande de suivre des méthodes précises, de fonctionner d’une certaine manière et non une autre. Où est la place de la différence ? Du libre arbitre ? De l’expression de sa personnalité ? Une société où s’expriment ses individus ne peut être qu’innovante, progressiste, ouverte d’esprit. Alors, pourquoi, parfois, les brider ? À l’issue de ces discussions entre colocataires, nous sommes certains qu’on peut travailler avec une rigueur professionnelle, scientifique sans pour autant éteindre la place de notre personnalité.

Notre système éducatif a des failles mais toutes peuvent être travaillées. Il ne faut pas, même après avoir remarqué quelques problèmes, être fataliste et le condamner. Des modifications peuvent être faites mais c’est en étant critique sur notre société, investi dans la vie sociétale que ces changements peuvent avoir lieu. Tout peut être amélioré tant qu’il y a des gens prêts à y croire.