Entreprises recherchent profils STEM désespérément

Entreprises recherchent profils STEM désespérément

Si rien n'est fait pour répondre au défi digital, ce sont quelque 584.000 postes qui devraient rester vacants en 2030, ce qui représente «?95 milliards de prospérité?», indiquait Agoria, la fédération de l'industrie technologique, il y a deux ans. De plus, la concurrence entre les entreprises est féroce. Il ne suffit pas de recruter des candidats, encore faut-il les garder. Devant ce manque criant de talents, elles sont obligées d'aller chercher ailleurs, à l'international.

Un manque criant de femmes

C'est un des plus gros défis?: le manque criant de femmes dans ce secteur. Dans les années 50, les femmes représentaient 30 à 50?% des effectifs dans le secteur informatique. Elles sont aujourd'hui entre 15 et 20?%. Les femmes ont été en quelque sorte «?exclues?» du secteur de la «?tech?», plus souvent considéré comme masculin. Leur faible représentativité dans les professions STEM est un gigantesque manque à gagner en matière de croissance économique. Les préjugés restent forts lors des processus de recrutement. Mais la barrière des stéréotypes est en train de bouger. Le centre de formation BeCode vient par exemple de lancer une formation en code, soutenue par Microsoft, réservée aux femmes. Le ‘Club des Hackeuses' vise à former plus de femmes aux compétences numériques.

Des inscriptions en hausse

Où sont ces profils STEM ? Le problème viendrait-il de l'enseignement ? On voit pourtant une augmentation des inscriptions dans les filières scientifiques. Entre 2014 et 2019, il y a eu une augmentation de près de 30?% des inscriptions dans les filières STEM à l'UCLouvain. Mais ça ne suffit toujours pas. Car si les inscriptions grimpent, le nombre de diplômés a plutôt tendance à stagner. L'enseignement seul ne doit donc pas être pointé du doigt car les formations en entreprises ne courent pas les rues non plus.

L'informatique et le codage, par exemple, sont boudés dans l'enseignement supérieur. Faudrait-il apprendre ces compétences, dès l'enfance, à l'école primaire?? Cette piste de solution est la plus souvent avancée pour envisager un meilleur avenir pour cette filière.

Un centre de référence

Par ailleurs, un centre de références STEM a récemment été créé en Wallonie et Fédération Wallonie Bruxelles pour booster ces filières en pénurie grâce à une stratégie sur dix ans. Une Task-force STEM doit coordonner, orienter et développer les efforts d'orientation professionnelle, d'enseignement, de formation, de sensibilisation, d'encadrement et de vulgarisation.

Les métiers STEM, c'est quoi ?

L'acronyme STEM (en anglais) désigne quatre disciplines : la science, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques. Ce sont des disciplines en pénurie. Il s'agit ici principalement de postes d'ingénieur, de technicien, de chercheur, d'analyste ou de programmeur. De nombreuses écoles en Belgique proposent une orientation STEM combinant les sciences exactes et la technologie. Les baccalauréats et les masters peuvent également désormais être complétés par des suppléments de mathématiques, de sciences exactes, de technologies ou de TIC.