Face à la crise, quelle solution pour diminuer le prix de son caddie ?

La crise énergétique liée à la guerre en Ukraine a de grandes conséquences aujourd’hui sur notre portefeuille et notre consommation. Les entreprises sont en danger, les ménages risquent la précarité. Comment allons-nous nous nourrir cet hiver?

par
Léa Druck
Temps de lecture 4 min.

Ce qu’on appelle effet domino ou effet papillon, pour ceux qui préfèrent l’expression plus poétique, c’est ce qui se passe actuellement en Belgique. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a de grandes conséquences sur l’Europe et principalement sur le prix de l’énergie. Cette augmentation des prix impacte les ménages, mais aussi les entreprises. Ces dernières peinent à produire leurs produits tant leurs coûts sont impactés. Le panier du consommateur est aussi réduit, ce qui change ses habitudes de consommation. Selon l’Apaq-W (l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité), la consommation locale serait peut-être la solution à ce problème.

Pourquoi les entreprises ont-elles du mal à produire?

Bien que les ménages soient les premiers concernés face à l’augmentation des prix de l’énergie, les entreprises peinent aussi beaucoup à équilibrer leurs coûts de production. Les conséquences? Le prix de leurs produits augmente. Les ménages devront donc revoir leur mode de consommation.

Du point de vue des entreprises, c’est une catastrophe parce qu’ils sont le maillon au milieu de la chaîne: «Les maillons au milieu de la chaîne doivent d’un côté payer les coûts et de l’autre ils ne peuvent pas augmenter leurs prix. S’ils ne peuvent pas répercuter leurs prix dans le supermarché, cela veut dire qu’ils n’auront bientôt plus de réserve», annonce Nicholas Courant, porte-parole de la Fédération de l’industrie alimentaire belge (Févia).

Il faut donc agir rapidement pour continuer à nourrir les gens. «Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est que ça devient plus compliqué pour certaines entreprises, entre autres beaucoup de PME, de produire», explique le porte-parole. «En Belgique, il faut de préférence soutenir une chaîne agroalimentaire belge».

La consommation locale, une piste de solution?

On en parle depuis quelques années déjà, consommer local est très important pour l’avenir. Ce mode de consommation est durable, écologique et, aujourd’hui, plus qu’impératif pour sauver les entreprises belges. Mais est-il encore possible de consommer local alors que les prix augmentent énormément?

«J’ai envie de dire que oui», répond Philippe Mattart, directeur général de l’Apaq-W. «Les types de mode de production et distribution sont multiples et je pense qu’on pourra continuer à consommer local, que ce soit bio ou conventionnel, on continuera à trouver une offre. Maintenant, on sait que pour des raisons de crise, un grand nombre de consommateurs vont poursuivre leur attitude de ‘down trading’, c’est-à-dire rechercher le produit le moins cher», continue-t-il.

Pratiquer le down trading ou le discount, c’est-à-dire chercher les promotions, constitue le plus gros ennemi de la consommation locale. Même si la crise énergétique impactera toutes les entreprises d’une manière ou d’une autre, certains produits restent moins chers dans les supermarchés que chez un producteur local. «Acheter des produits locaux dans des magasins ou à la ferme n’est pas toujours plus cher qu’en grande surface. Maintenant, en pratiquant le down trading ou le discount, il est toujours compliqué de concurrencer le discount pour le local», explique le directeur général.

Concrètement

Dans une étude de l’Apaq-W, un francophone sur quatre prévoit, par exemple, de faire des économies sur la consommation de plats préparés. Ce qui peut les amener à se tourner vers une alimentation plus saine, et peut-être plus locale. La diversification des points de ventes des produits locaux, en plus de rapprocher les producteurs et consommateurs, peut aussi inciter les Belges à se diriger vers ce type de consommation.

Oui, la consommation locale peut être l’une des réponses apportée à la crise traversée par les ménages. En achetant des produits belges, nous faisons fonctionner les producteurs et entreprises belges, qui peuvent pallier l’augmentation du prix de l’énergie et donc peut-être stabiliser le prix de ce qu’ils vendent. Cela fait tourner la Belgique principalement et est donc un point positif non seulement pour notre économie mais aussi pour l’écologie, la durabilité… et les ménages.

C’est faisable si les consommateurs ne changent pas leurs habitudes pour se ruer vers des prix promotionnels et l’achat de produits génériques. Pour l’Apaq-W, la crise est aussi une opportunité pour modifier sa manière de consommer.