‘Annie Colère’, une chronique solaire sur l’avortement : «On a voulu réhabiliter l’action de ces femmes»

‘Annie Colère’, une chronique solaire sur l’avortement : «On a voulu réhabiliter l’action de ces femmes»
Ph. Cinéart

‘Annie Colère’ suit les femmes du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception), qui ont conduit à la loi Veil en France en 1975. Connaissiez-vous ce mouvement ?

Laure Calamy : « L’histoire des luttes sociales est assez peu racontée et celle concernant les femmes encore moins. J’ai trouvé ça assez incroyable de voir combien les actions du MLAC ont été invisibilisées puis oubliées. C’est pourtant passionnant car c’est grâce à ces femmes qu’on a eu la première génération d’enfants réellement désirés. C’est énorme ! »

Il y a six scènes d’avortement dans le film. Comment s’est déroulé leur tournage ?

« Blandine (Lenoir, la réalisatrice du film, Ndlr) parle d’une mise en scène de la tendresse. Ça se passait beaucoup dans le regard, on était toutes surconnectées. Les actrices comme l’équipe, on se sentait tous responsables. On voulait tous parvenir à réhabiliter l’action de ces femmes. »

Le film met en avant la méthode Kar man, une technique médicale simple, peu chère et ne nécessitant pas d’anesthésie générale…

« C’est en la pratiquant que le MLAC a découvert ce qu’il appelait l’anesthésie verbale. C’est-à-dire qu’à partir du moment où on parle et où on explique ce qu’on va vous faire, le risque de traumatisme disparaît presque. Ces héroïnes anonymes étaient partout autour de nous, et le sont encore en fait. »

Comment réagissez-vous à l’enthousiasme du public francophone à votre égard ?

« Ce qui est génial, c’est que quand je me balade et que je suis un peu down, il y a toujours quelqu’un qui sort de nulle part et qui me dit : ‘Je vous adore’ ! Vraiment, c’est comme si je vivais dans une comédie musicale ( rires ). C’est comme un vent très doux qui me porte. Pourvu qu’il dure ! »

ANNIE COLÈRE

Quelques semaines après ‘Call Jane’, une histoire très similaire nous parvient de France. Même décennie, même contrainte face à l’illégalité de l’avortement, et même fascination de son héroïne pour les liens de solidarité qu’elle découvre dans l’entraide clandestine. Mais ce film-ci déploie une charge politique et populaire bien à lui, portée par l’éveil militant d’Annie, une ouvrière lambda (Laure Calamy, juste et émouvante) trouvant la grâce dans une colère résolument collective.

4/5

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