Les Petits Riens subliment à présent le seconde main

Les Petits Riens subliment à présent le seconde main

Nous sommes allés visiter l’atelier du Label Jaune, situé tout en haut du quartier général des Petits Riens, rue Américaine à Ixelles. Au rez-de-chaussée, nous retrouvons leurs fameux magasins Retro Paradise et Baby Paradise. Dans la cour intérieure, ce sont la friperie et les jouets. Et puis, dans le bâtiment central, la bibliothèque ainsi que le magasin de meubles et de déco, fraîchement réaménagés. On a envie de (presque) tout acheter ! Alors, nous prenons vite l’escalier, avant de succomber… (on reviendra tout de même acheter ce petit présentoir à plantes en osier et cette superbe lampe mauve en forme de montre Swatch à poser).

« On peut tout imaginer »

Au quatrième étage, Astrid Van der Heijden, la cheffe d’atelier, zigzague entre les piles de tissus et de vêtements qui constituent leur matière première. C’est le paradis pour quiconque est doté ne fût-ce que d’un fifrelin de créativité : « C’est un bonheur et une frustration immenses. On peut tout imaginer : une infinité d’associations et une foule de modèles différents. Mais on ne peut malheureusement pas tout faire ! », avoue la jeune femme mi-agacée, mi-amusée. Au final, avec trois couturières employées et une quinzaine de bénévoles qui viennent en moyenne deux jours par semaine chacune, seulement une vingtaine de pièces estampillées Label Jaune arrivent en boutique chaque semaine. Il faut dire que le upcycling est un travail de fourmi car chaque pièce doit être repensée, décousue, recousue.

Augmenter la proportion de textile revalorisée

Le Label Jaune est né de l’envie d’augmenter la proportion de vêtements mis en magasin. Chaque année, 6.500 tonnes de textile arrivent aux centres de tri et 45 % seulement sont revalorisés. L’atelier récupère des pièces qui ne se revendent pas bien en boutique : des chemises d’hommes défraîchies, des tuniques « qui font bobonne », etc. Passés de mode, peut-être mais le résultat est hyper stylé ! Pas surprenant que cela plaise… En effet, les sept boutiques qui vendent le Label Jaune -sur les 28 que compte Les Petits Riens- ont su rencontrer leur public : « L’autre jour, dans la boutique rue Américaine, nous avons vendu deux pièces identiques à une mère et à sa fille d’une vingtaine d’années. On a vraiment l’impression que cela plaît à notre public habituel, quelle que soit sa génération », raconte la cheffe d’atelier qui précise que les prix des modèles, qui varient entre 25 et 74 €, sont très raisonnables pour du upcycling et résultent d’une réelle volonté de coller à leur public habituel.

Ce qui compte à la fin, c’est toujours l’humain

Le cercle vertueux des Petits Riens a toujours mis au centre l’humain. Les revenus des ventes permettent de constituer une plateforme d’insertion socioprofessionnelle pour plus de 500 personnes chaque année ainsi que le financement d’actions sociales dans l’accès au logement, l’emploi et l’accompagnement au quotidien des plus vulnérables. En plus, ça fait du bien à la planète (et franchement, s’habiller en Label Jaune, ça en jette !). Même au sein de l’atelier, on ressent cette bienveillance caractéristique de l’asbl, fondée en 1938. Les bénévoles sont nombreuses (ce sont surtout des femmes) et proviennent de milieux très différents. Les générations se retrouvent toutes autour du même métier. Certaines sont étudiantes (et pas forcément en couture précise Astrid), d’autres sont mamans de grands enfants et ont à nouveau du temps pour elles, d’autres encore sont retraitées. Et chaque petite main compte, ajoute la cheffe d’orchestre de tout ce beau petit monde.

Vu la Covid et les boutiques qui ont été fermées longtemps, c’est cette année que le Label Jaune est véritablement en phase test ! Alors, n’hésitez pas à aller découvrir leurs jolis modèles dans les boutiques d’Ixelles, de Merode, de Porte de Namur, de Jette, d’Uccle centre, d’Anneessens et de Stockel.

www.petitsriens.be/label-jaune