Le gouvernement bruxellois va accélérer la sortie des énergies fossiles

Le gouvernement bruxellois va accélérer la sortie des énergies fossiles sans attendre la législature suivante. Dès 2023, les primes pour les chaudières gaz à condensation ne donneront plus lieu à l’obtention de subsides. En parallèle, le soutien financier aux alternatives sera amplifié (e.a. pompes à chaleur et isolation des bâtiments).

par
Belga
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Toujours confrontés à la gestion des effets de la crise liée à la pandémie et de celle liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les ministres bruxellois ont affûté leurs priorités de travail pour la fin de la législature. Ces deux crises percolent dans les différentes orientations de l’accord de majorité mis jeudi au goût du jour, après un travail en séminaire gouvernemental.

En matière d’ambition climatique, l’équipe Vervoort a ainsi fixé un cadre pour son nouveau plan Air-climat-énergie qui sera sur sa table au cours des prochaines semaines. Au-delà des décisions évoquées plus haut, il a décidé de rehausser l’objectif régional de réduction des émissions de gaz à effet de serre à minimum 47% par rapport à 2005 (40% auparavant).

«En matière climatique, nous pouvons dire ‘Merci M. Poutine’», a glissé un des ministres – qui n’est pas en charge de cette matière au gouvernement –, à l’issue de la présentation du programme gouvernemental revisité par les ministres et secrétaires d’État au grand complet.

Dans cet ordre d’idées, le gouvernement bruxellois a également décidé d’interdire la fin de l’utilisation de combustibles fossiles pour le chauffage des bâtiments neufs, assimilés à du neuf ou rénovés lourdement à partir des permis d’urbanisme demandés dès janvier 2025.

Dans la Région-capitale, la fin de l’usage de chaudières au mazout est programmée dès 2030 pour le secteur public et 2035 pour tous les secteurs. Pour les chaudières installées jusque-là, durée de vie maximale autorisée des installations sera fixée à 15 ans.

«Une Région qui donne envie d’y vivre»

Devant ses collègues réunis au grand complet face à la presse, Rudi Vervoort a souligné que son gouvernement entendait toujours construire «une Région qui donne envie d’y vivre, d’y travailler, d’y entreprendre, et de la visiter, une Région exemplaire en matière de transition écologique, qui offre des possibilités de logement, d’accès à l’emploi; où chacun est le bienvenu, sans discrimination; une Région agréable, à la mobilité apaisée; qui relance son activité économique sociale et culturelle, en misant sur la transition économique, dans un cadre budgétaire maîtrisé».

Sans dire à quoi son gouvernement renoncera, le ministre-président a notamment indiqué que les ministres bruxellois travaillaient à un système de conventionnement afin d’assurer des loyers abordables sur le marché locatif privé. Il a confirmé la prochaine réforme des expulsions domiciliaires davantage axée sur la prévention, et l’instauration d’un moratoire hivernal du 1er novembre au 15 mars pour l’ensemble des logements – publics et privés.

Pour les habitants de la capitale, les droits d’enregistrement pour l’accès au premier logement seront plus avantageux, d’ici 2023 (abattement et augmentation du plafond de valeur du bien).

Afin de favoriser l’insertion professionnelle des personnes peu qualifiées, un bilan de compétences deviendra obligatoire, assorti d’un parcours de formation sur mesure qui sera mis en place. On expérimentera un projet pour favoriser l’insertion professionnelle volontaire des chômeurs de longue durée.

Santé, culture et mobilité

En vue également d’ici la fin de la législature, un Plan Social-Santé Intégré à travers les champs de compétence des Commission Communautaires Commune et Française. L’objectif est de mieux aligner l’offre de soins sur les besoins des personnes. Le gouvernement bruxellois a par ailleurs toujours l’intention de définir un Plan d’Action et de lutte contre la Pauvreté et un Plan de lutte contre le racisme.

Il maintient le cap dans l’adoption des Plans d’Aménagement Directeur en cours d’élaboration.

Dans le domaine culturel, l’accent est mis sur 2023, année de l’Art nouveau, 2024 (ouverture du Musée d’Art contemporain Kanal, et 2030, année pour laquelle Bruxelles ambitionne le statut de capitale européenne de la culture, à l’occasion du bicentenaire de l’existence de la Belgique.

En Mobilité, le gouvernement régional entend toujours mettre en place progressivement, à raison de cinq par an, des quartiers de circulation apaisée, dans le cadre du Plan Good Move, pérenniser les pistes cyclables créées à l’occasion de la crise liée au coronavirus, et continuer à investir dans les fréquences des lignes de la STIB, sans oublier la poursuite du projet de métro vers le nord-sud.