La pression s’accentue sur les hôpitaux bruxellois: le personnel soignant en a «ras-le-bol»

La pression s’accentue sur les hôpitaux bruxellois: le personnel soignant en a «ras-le-bol»
Belga / B. Doppagne

Dans le réseau Iris, il y a actuellement 23 patients Covid en soins intensifs, dont trois vaccinés. L’âge moyen est de 60 ans, ce qui est nettement inférieur aux précédentes vagues précédentes. « Cet âge moyen cache une forte variance des cas avec des patients de 33-34 ans et d’autres de 75 ans et plus », observe Etienne Wéry.

Deux hôpitaux approchent les 40 % d’occupation en soins intensifs. « Heureusement, la politique de transferts fonctionne et la solidarité entre hôpitaux, à Bruxelles et ailleurs, est bien réelle », tient à souligner l’administrateur délégué. « Le réseau Iris a pu en bénéficier et c’était indispensable. En effet, ces dernières semaines, deux de nos hôpitaux ont connu en très peu de temps des afflux massifs de nouveaux cas et, en début de semaine passée, ils ont dépassé 50 % d’occupation des unités de soins intensifs par des patients Covid. Rappelons que cette saturation des USI par le Covid a des conséquences significatives pour les autres patients dont les interventions et admissions doivent être retardées ».

Une augmentation régulière et constante

Les hôpitaux Iris soignent de plus 74 patients Covid dans les unités de soins classiques. « Cela représente une augmentation régulière et constante sur les dernières semaines qui nous oblige à rouvrir des salles dédiées aux patients Covid », commente encore Etienne Wéry. « Celles-ci requièrent un encadrement soignant plus élevé que dans les autres unités et ont des procédures de fonctionnement (notamment de protection) particulièrement lourdes ».

Les hôpitaux publics bruxellois Iris rassemblent les CHU Brugmann et Saint-Pierre, les hôpitaux Iris Sud (sites Etterbeek-Baron Lambert, Etterbeek-Ixelles, Molière-Longchamp et Joseph Bracops), l’Institut Jules Bordet axé sur le cancer et l’hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola.

Les cliniques de l’Europe traitent quant à elles 23 patients Covid, dont 3 en soins intensifs. « Ce sont essentiellement des personnes qui ne sont pas vaccinées », note la porte-parole de l’institution Jennyfer Doria Tilleux. « Quand nous prenons en charge des patients vaccinés, ils ne sont pas très malades et ne doivent pas aller aux soins intensifs. » Elle remarque qu’il y a plus fréquemment qu’avant des patients plus jeunes, dans la catégorie des 30-40 ans, qui ne sont pas vaccinés. Les cliniques de l’Europe ont dû transférer un patient Covid le week-end dernier.

Pas de transferts à l’UZ Brussel

A l’UZ Brussel, il y a actuellement 25 patients Covid, dont neuf en soins intensifs. La plupart n’étaient pas vaccinés. Il y a eu une hausse des admissions le week-end dernier qui s’est tassée depuis, selon une porte-parole de l’hôpital. Elle précise que l’évolution de la situation est suivie de près. L’UZ Brussel a déjà dû transférer des patients, notamment pour répartir la pression du Covid entre les différents hôpitaux, comme demandé par le gouvernement. Les soins réguliers sont toujours assurés.

Il y avait huit patients Covid mercredi en unités de soins, contre 12 au 1er septembre, et 9 mercredi comme ce jeudi en soins intensifs, contre 15 au 1er septembre. Il n’y a eu aucun transfert de patients vers d’autres hôpitaux et ce n’est pas d’actualité.

« La situation s’est améliorée par rapport à la semaine dernière », observe Sylvain Bayet, porte-parole pour les cliniques universitaires Saint-Luc. « La situation se stabilise, mais mérite toujours une grande attention. Il y a encore quelques semaines, on avait surtout des personnes non vaccinées et parmi les patients vaccinés, des personnes entre deux doses et qui avait des faiblesses liées à d’autres pathologies ».