Hoplr, le réseau social qui vous fait découvrir vos voisins

Hoplr, le réseau social qui vous fait découvrir vos voisins
Ph. Hoplr

Vous cherchez une personne de confiance pour s’occuper de votre enfant pendant une soirée au cinéma ? Vous avez besoin d’une ponceuse mais n’en avez pas chez vous ? Ou vous souhaitez tout simplement discuter de la mobilité dans votre rue ? Tous ces sujets, vous pouvez les partager dans environ 105 communes en Belgique, majoritairement en Flandre, sur Hoplr. Ce réseau social des quartiers permet en effet de discuter avec d’autres habitants de tous les sujets qui touchent votre quartier.

Le projet a été lancé en 2014 par deux Flamands, Jennick Scheerlinck et Jonas Heirwegh, convaincus qu’il était possible de créer des communautés locales fortes dans les quartiers où l’on connaît de moins en moins le voisin de son voisin. « Hoplr déplace l’attention de l’individu vers la communauté locale pour activer la majorité silencieuse et le soutien au sein du quartier. Nous voulons utiliser le pouvoir du collectif pour anticiper les défis sociétaux de demain tels que le vieillissement, les soins de proximité, l’inclusion et la participation citoyenne. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons évoluer vers une société plus solidaire et durable », indiquent les créateurs d’Hoplr.

Des communes divisées en quartiers

Le concept séduit visiblement vu que 120 communes se sont lancées dans le projet dans le Benelux, en grande majorité en Flandre. Au Luxembourg, une ville s’est lancée dans l’aventure alors que cinq communes wallonnes ont aussi décidé de faire le grand saut. C’est le cas d’Ath, Mons, La Louvière, Merbes-le-Château, et Waterloo. Mais d’autres devraient suivre prochainement. « Nous constatons la même évolution par année entre la Flandre et la Wallonie sur les premières années. On a actuellement une équipe dédiée au marché francophone et on remarque qu’il y a de plus en plus de mouvements sur le marché wallon », indique Salomé Etienne, Customer Success Manager pour Hoplr.

Un réseau plus « safe »

Concrètement, les communes qui utilisent Hoplr sont divisées par quartier. Pour s’inscrire, chaque citoyen doit se connecter avec son adresse mail ainsi qu’un code reçu préalablement par la poste. Il sera obligé d’utiliser sa véritable identité pour poster sur le réseau social et ne pourra communiquer qu’avec les personnes qui habitent dans son quartier, sans aucune intervention des autorités communales. À en croire les communes concernées, les discussions sur Hoplr seraient plus apaisées que sur d’autres réseaux sociaux. « Le fait que les membres soient géographiquement proches les incite généralement à tenir des propos plus pondérés », explique la ville d’Ath sur son site. Une modération, exercée par Hoplr, est possible en cas de signalements. Mais elle reste visiblement rare. « C’est globalement beaucoup plus serein. On a eu trois messages qui ont été signalés comme grossiers ou offensants sur les trois derniers mois. Ce n’est rien du tout. Et quand ça se passe, c’est Hoplr qui réagit mais je vois bien que la société n’a pas besoin d’exclure des gens », ajoute François Minet, en charge de la communication à Ath.

Il explique que sa commune a opté pour Hoplr car il s’agit d’un réseau « certifié plus ‘safe’ qu’un réseau social classique ». Autre intérêt notable du réseau social, la possibilité pour les citoyens de faire remonter certains sujets dont ils ont discuté aux autorités. « Parfois, c’est par rapport à un problème de propreté à un endroit ou l’autre, parfois c’est plus lié à la circulation comme la demande pour la pose d’un ralentisseur. L’intérêt, c’est qu’en discutant, ils se mettent d’accord entre eux avant de revenir vers la ville », poursuit-il. Un point également souligné par Charlotte de Jaer, Échevine en charge de la participation citoyenne de la ville de Mons lors d’une réunion d’information sur Hoplr. « Lors de consultations citoyennes, ou les réunions publiques qu’on organise, on a parfois tendance à entendre celui qui crie le plus fort, celui qui râle le plus. On a vraiment envie avec ce réseau social d’apaiser les choses. Pas pour qu’on nous dise que tout est beau, mais pour qu’on puisse entendre l’ensemble des points de vue des citoyens », expliquait-elle.

Si les autorités n’ont pas accès aux différents quartiers, elles ont tout de même la possibilité de transmettre toute une série d’informations aux citoyens via cette plateforme. Ces derniers reçoivent alors une notification par mail ou sur leur smartphone au début d’un chantier par exemple.

Et à Bruxelles ?

Si vous habitez à Bruxelles, vous avez peut-être également reçu une lettre vous invitant à vous inscrire sur Hoplr. Pourtant, les communes bruxelloises n’ont signé aucun partenariat avec le réseau social. De sa propre initiative et via des fonds propres, Hoplr a décidé de scinder la région bruxelloise en 139 quartiers. En février dernier, plus de 48.000 inscriptions bruxelloises avaient été recensées selon les informations du journal Le Soir, soit environ 12 % des ménages. Différence majeure avec les autres villes cependant, les utilisateurs bruxellois d’Hoplr ne peuvent pas faire remonter les discussions auprès des autorités communales vu qu’aucun accord n’a été signé. Mais des discussions seraient en cours pour le moment. « Les grandes villes prennent toujours plus de temps. On a la même chose avec Anvers et La Haye. Mais nous sommes en contact avec Bruxelles et on a récemment envoyé une offre », souligne Salomé Etienne.