À Bruxelles, une rue va être nommée en hommage à une prostituée

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La Ville souhaite ainsi mettre en lumière que, quotidiennement, des femmes sont encore victimes de trafic d’êtres humains, de violences sexuelles et de féminicide.

La Nigériane Eunice Osayande a été emmenée en Europe par un groupe de passeurs et forcée de se prostituer. Dans la nuit du 4 au 5 juin 2018, un de ses clients l’a poignardée de 17 coups de couteau dans sa carrée, près de la gare du Nord. Le meurtrier, un adolescent de 17 ans, attend encore d’être jugé. Son procès a récemment été reporté à une date indéterminée en raison d’un manque de candidats jurés masculins.

« Il y a urgence »

La rue Eunice Osayande doit attirer l’attention sur la problématique du trafic d’êtres humains, des violences sexuelles et des féminicides, alors que 42 % des femmes âgées entre 16 et 69 ans déclarent avoir déjà été victimes de violences sexuelles physiques.

« Ce pourcentage est beaucoup plus haut chez les travailleuses du sexe. La lutte contre ces chiffres incroyablement élevés mérite davantage d’attention et d’urgence. Et c’est précisément pourquoi Eunice Osayande reçoit une rue aujourd’hui », ont commenté mardi les échevines de l’Urbanisme An Persoons et de l’Égalité des chances Lydia Ngoi Mutyebele.

La féminisation de l’espace public fait partie du plan d’action pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes de la Ville de Bruxelles.