Vic & Flo à l’assaut d’un défi sportif, humanitaire et complètement fou

Vic & Flo à l’assaut d’un défi sportif, humanitaire et complètement fou
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C’est un challenge mêlant performance sportive, portée symbolique et associative que s’apprêtent à relever deux Brabançons au grand cœur. Ce dimanche, Vic et Flo plongeront dans les eaux de l’Atlantique pour participer à la traversée reliant Dakar, la capitale du Sénégal, à l’île de Gorée.

Traversée symbolique

Un challenge un peu fou qui a germé dans leur esprit… à la salle de sport. « Je faisais ma session de sport quand Vic, mon coach sportif, m’a parlé de la traversée réalisée par McFly et Carlito, à la rame, entre la Corse et le continent », retrace Flo, entrepreneur et préparateur mental. « Il voulait ce genre de défi. Alors je lui ai proposé la traversée Dakar-Gorée : 4,8 km à la nage. À la base, c’était vraiment un délire entre potes. En aucun cas on ne pensait que ça allait se réaliser ! »

Le duo représentera donc la Belgique dans cet événement sportif international d’envergure. Plus de 400 nageurs prendront le départ de cette 33e édition. Cette course, elle est d’abord hautement symbolique : l’île de Gorée était autrefois connue pour être le plus grand centre de commerce d’esclaves de la côte africaine.

Longue préparation

Se lancer dans une course de près de quatre heures en eau libre ne se fait pas au pied levé. « Pour la préparation, il y a deux dimensions. D’abord le physique : je me suis entraîné en piscine mais aussi en eau libre (en lac ou en mer) le plus souvent possible pour être en condition. Ensuite le mental, que je travaille avec Flo. Ce n’est pas l’eau qui m’effraie en soi, c’est le fait de ne pas voir en dessous », développe Victor.

« On travaille sur la gestion des peurs (des profondeurs, des animaux marins…) mais aussi la gestion de l’ennui. Le but c’est de parvenir à faire le vide dans son esprit, car si les émotions montent, on peut paniquer », complète son préparateur mental. « On travaille pour que ce soit un bon stress : s’il n’y a pas d’appréhension, c’est que ce n’est pas important pour lui ».

« Avant de rentrer dans l’eau, je pense que je serai à la fois stressé et super chaud », nous confie Victor. « Dans tous les cas, je sais que je vais prendre du plaisir… mais peut-être pas tout le temps ! ( rires) »

Aider les enfants

Si ce projet (entièrement autofinancé) est aussi important pour le duo originaire du Brabant Wallon, c’est surtout parce qu’il sert une bonne cause. En effet, Vic et Flo se sont lancés dans ce défi sportif au profit de l’association « Action Sénégal », une association qui lutte contre les faux talibés ( lire ci-dessous).

« Notre but c’est de mettre l’association en lumière grâce à cette traversée, mais également de mieux la faire connaître sur place, au Sénégal », nous précise Flo. Donner de la visibilité donc, mais également soutenir directement l’action de terrain. Pour ce faire, les Belges ont lancé une grande collecte de fonds dont 100 % de l’argent récolté ira directement à la lutte contre l’exploitation des enfants. Objectif : 20.000€.

Dernier élément et non des moindres : Vic et Flo réaliseront aussi un documentaire, retraçant leur aventure et mettant en lumière le travail de l’association « Action Sénégal » et ce qui se déroule dans ces (faux) « daaras ».

Un projet humain

« Plus on avance plus on se rend compte que le challenge sportif, même si on ne le réussissait pas, ce n’est pas grave. Le plus important, c’est tout le reste », souligne le coach sportif. « L’appréhension est énorme », enchaîne son acolyte. « La traversée c’est une chose, mais ce que l’on va voir sur place c’est d’une violence inouïe. Ces enfants entassés dans des baraquements… Certains meurent dans ces endroits-là. On sait qu’émotionnellement, ça va être très difficile. » Et de conclure, en guise de résumé : « à la base c’était un délire, puis c’est devenu un challenge sportif, et au final ça devient réellement un challenge humain. »

Un projet à suivre via @dagovibes.

Qui sont les faux Talibés ?

Parrainé par l’influenceuse Jill Vandermeulen (@SilentJill), le projet « DagoVibes » entend soutenir « Action Sénégal ». Depuis 2005, l’association vient en aide aux enfants faux talibés.

Âgés de 5 à 15 ans, les talibés sont des enfants issus de familles pauvres et qui sont confiés par leurs parents à un maître coranique ou marabout afin qu’il puisse se charger de leur éducation religieuse dans un endroit qu’on appelle « Daara ». Malheureusement, de faux marabouts exploitent aujourd’hui beaucoup d’enfants « faux talibés » dans des Daaras construits en périphérie des villes. Devenu un véritable trafic d’enfants, ceux-ci sont exploités pour mendier, totalement esclaves de leurs maîtres, et subissent de nombreux sévices corporels.

En collaboration avec les autorités politiques et religieuses, « Action Sénégal » lutte sans relâche contre l’esclavagisme de ces enfants. Dans son centre de Saint-Louis, capitale sénégalaise, l’association accueille chaque mois plus de 3000 enfants qui viennent se laver, se soigner, manger, s’habiller ou encore bénéficier d’un suivi psychologique et de l’alphabétisation. Mais c’est avant tout un endroit où ils peuvent enfin jouer, s’amuser et retrouver le sourire.