Variole du singe: pourquoi Steven Van Gucht s’attend à de nouveaux cas en Belgique

Six cas de la variole du singe ont été confirmés chez nous ce mercredi par Sciensano, avec un septième cas suspect. Selon le virologue Steven Van Gucht, il ne serait pas étonnant que ce nombre s’accroisse dans les prochaines semaines.

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Rédaction en ligne avec Belga
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Six cas de variole du singe sont confirmés en Belgique, a annoncé mercredi Sciensano. Un cas potentiel subsiste encore, les résultats du test PCR de dépistage n’étant pas encore connus. Il s’agit de sept hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Les quatre premiers cas répertoriés dimanche dans notre pays concernent tous des hommes ayant fréquenté le festival Darklands, un festival fétichiste homosexuel se déroulant à Anvers. Les deux autres cas confirmés concernent une personne contaminée par son compagnon et un individu contaminé au Portugal. Les symptômes de ces personnes sont légers, a précisé à Belga mercredi après-midi le virologue et chef du service maladies virales chez Sciensano, Steven Van Gucht.

De nouvelles directives

Les directives du Risk Assessment Group du SPF Santé publique ont en outre été légèrement modifiées. Désormais les «contacts à haut risque», ayant côtoyé une personne contaminée, devront suivre des mesures de précautions renforcées. «Il s’agit des personnes ayant eu un rapport sexuel ou un long contact physique avec une personne contaminée, mais cela ne concerne qu’un petit groupe de personnes», précise le virologue. «Nous demandons, dans les trois semaines suivant le contact, qu’ils portent un masque et observent une quarantaine s’ils doivent rencontrer de jeunes enfants, des femmes enceintes ou des personnes avec une immunité affaiblie.»

Le virologue n’exclut pas que de nouveaux cas soient encore signalés dans les prochains jours. «Les informations au sujet des contaminations ont entraîné une prise de conscience et le temps d’incubation de trois semaines fait que nous risquons encore d’entendre parler de nouveaux cas», souligne Steven Van Gucht. Le scientifique se montre par ailleurs optimiste quant à la faculté de maîtriser la circulation du virus. «Nous sommes aidés par la longue période d’incubation et le fait que les patients sont contaminants lorsqu’ils présentent des symptômes, ce qui facilite la détection des cas contacts.»

Des «supercontaminateurs»

Si le virus a été lié à la communauté homosexuelle, le virologue souligne qu’il ne concerne pas uniquement les hommes ayant eu des rapports sexuels avec d’autres hommes. «Les cas connus en Afrique n’ont pas été provoqués par des contacts sexuels. On peut parler ici d’un concours de circonstances: il s’agit de supercontaminateurs qui ont fréquenté un festival dont le public est très international, et dans un contexte d’après Covid.»

La plupart des personnes infectées ont moins de 50 ans. Cela est probablement dû au fait que les personnes âgées recevaient encore le vaccin contre la variole. Dans notre pays, l’administration du vaccin a été arrêtée au milieu des années 70.

Depuis le début du mois de mai, des cas de variole du singe ont été signalés à travers le monde, sans qu’ils soient liés à des voyages effectués dans des pays où le virus est endémique, comme l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. La plupart des contaminations concernent des hommes ayant eu des rapports sexuels avec d’autres hommes.