Une gardienne reconnue coupable d’avoir secoué un bébé: «Elle a essayé de remettre la faute sur les parents»

Une gardienne reconnue coupable d’avoir secoué un bébé: «Elle a essayé de remettre la faute sur les parents»
Ph. Unsplash

« Mais elle est la seule à pouvoir être responsable des blessures de l’enfant », a estimé le tribunal. Ce dernier a prononcé une simple déclaration de culpabilité.

La gardienne avait alerté les services d’urgence le 16 juin 2015 car le bébé de sept mois se trouvait dans un état préoccupant. Le nourrisson avait pleuré une bonne partie de la matinée, avait mangé avec difficulté et semblait avoir perdu toute sensibilité. À son arrivée à l’hôpital, les médecins avaient rapidement établi le diagnostic.

Un diagnostic sans appel

« Le constat était clair : syndrome du bébé secoué », a expliqué maître Dimitri de Béco, avocat des parents. « Quelqu’un avait secoué l’enfant violemment. Tous les médecins qui l’ont examiné et les différents experts médicaux se sont accordés sur ce point. »

Selon les parties civiles, la femme a fourni des explications contradictoires pendant l’enquête, sans apporter de précisions sur ce qui est arrivé ce jour-là. « Trois jours après les faits, elle a expliqué qu’à un moment, la petite fille pendait à moitié de sa chaise, mais n’a apporté aucune explication concernant les blessures », a poursuivi maître de Béco. « Elle a essayé de remettre la faute sur les parents. Ça n’a pas de sens car ce sont justement eux qui ont demandé une enquête judiciaire. »

« Il reste des doutes »

Selon le parquet, il n’y a aucun moyen d’établir la culpabilité de la puéricultrice. « Il n’y a aucun témoin ou enregistrement vidéo, ses explications contradictoires peuvent s’expliquer par le stress et la panique. Il y a de fortes chances qu’elle ait commis la faute mais il reste des doutes, aussi petits soient-ils. »

La gardienne a plaidé l’acquittement. « Les blessures qui ont été identifiées sur l’enfant ne sont pas forcément dues au fait de l’avoir secoué », a plaidé son avocat.

Selon le tribunal, il ne subsiste pas de doute et la puéricultrice est la seule à avoir pu infliger ces blessures à l’enfant. Les faits ayant eu lieu il y a plus de six ans et l’enquête ayant traîné en longueur, le tribunal a toutefois jugé que le délai raisonnable était dépassé et a prononcé une simple déclaration de culpabilité.