Un Français décédé à Liège est déclaré mort en Belgique… mais pas en France

Un Français décédé à Liège est déclaré mort en Belgique… mais pas en France
AFP

Thierry Nivelet, Douaisien d’ordinaire si jovial, ne décolère pas. En main, il tient le faire-part de décès de Jean-Claude Langlet, son beau-frère, qui s’est éteint à 71 ans, au mois de mars. Il raconte la douleur de sa sœur et de son neveu, bien sûr, mais surtout une histoire incompréhensible.

« Jean-Claude a été hospitalisé en réanimation à Laon, en février, souffrant du Covid. Au bout de douze jours, son épouse a été prévenue qu’il devait être transféré et il s’est retrouvé à la clinique d’Herstal, près de Liège. » Son état est sérieux, mais le contact est d’abord très facile. « Au bout de deux semaines, on appelle ma sœur pour lui dire qu’il va mieux. Il est réveillé, pas tiré d’affaire, mais il y a un bon pas de fait. »

La famille souffle, Thierry et son neveu partent à Liège deux jours plus tard… « Et là, c’est la catastrophe. Il est dans le coma, intubé, gonflé… On nous dit qu’il n’y a plus d’espoir. » Et aussi qu’il est « guéri du Covid ».

« Une situation insupportable »

Jean-Claude Langlet est décédé le samedi suivant, « et c’est le début d’une situation juridique et humaine insupportable », dit Me Marie-Hélène Mandon, avocate à Lille saisie par la famille.

Changement de ton « Quand nous avons demandé le dossier médical de mon beau-frère, les relations se sont tendues, raconte Thierry. C’est pourtant la moindre des choses de savoir de quoi est mort mon beau-frère ! » À Laon non plus : pas moyen de récupérer le dossier médical : « Il faut pour cela un acte de décès que la Belgique ne fournit pas, explique Me Mandon. Celui que nous avons n’est pas complet. Le décès de M. Langlet n’est donc pas enregistré en France. Non seulement son épouse et son fils ne savent pas de quoi il est mort, mais ils ne peuvent régler aucun aspect administratif, comme la succession… »

Thierry Nivelet grince : « Sa retraite, elle, a bien été suspendue… » Mais pour le reste, « tout est bloqué », dit Me Mandon, qui a écrit au consulat de France à Liège. « Cela fait trois semaines et je n’ai pas de réponse. »

Alors, elle va saisir le tribunal administratif, en référé, « parce qu’au moins deux libertés fondamentales sont ici bafouées ». Et parce que, humainement, cette situation est consternante. « Ah oui, autre chose », dit Thierry. Ma sœur a reçu une lettre de rappel pour payer plus de deux mille euros, pour l’hospitalisation ».