Tout savoir sur le futur parc Legoland de Charleroi

Tout savoir sur le futur parc Legoland de Charleroi
Belga / H. Kaghat

Cela faisait des années que le projet était évoqué. C’est désormais (presque officiel). Un parc d’attractions Legoland devrait bien ouvrir à l’horizon du printemps 2027 sur l’ancien site industriel de Caterpillar à Charleroi. Un protocole d’accord non contraignant (Head of Terms) a en effet été signé mardi par le groupe Merlin Entertainments, la Région wallonne et l’Etat fédéral afin d’approfondir la collaboration entre ces différentes parties en ce sens. L’investissement est estimé à entre 370 et 400 millions d’euros. Une décision finale est attendue pour la fin 2022 avec l’objectif, donc, d’une ouverture du parc en 2027. Cela en ferait le 2e plus gros investissement de ces dix dernières années en Région wallonne après Google à Mons.

Quelle expérience ?

Mais un parc Legoland, à quoi cela ressemble-t-il ? Legoland et ses infrastructures couvriront dans un premier temps une surface de 70 ha, tandis qu’une réserve foncière de 20 ha pourrait permettre de futures extensions et évolutions. Il comptera plusieurs zones thématiques ainsi que des logements (hôtels et cottages, entre autres). Il sera composé de quelques attractions fortes mais aussi, et surtout, de nombreuses constructions en Lego à taille humaine. De quoi replonger petits et grands dans l’enfance. « La majorité des enfants qui viennent ici ont entre deux et douze ans. On se cramponne à notre cœur de cible, c’est pour cela qu’il n’y a pas d’attractions extrêmes. Mais il y a tout de même de quoi frissonner », indique au Soir Simon Kaspersen, directeur des ventes et du marketing à Legoland Billund, au Danemark.

Pour se faire une idée de ce qui attend les futurs visiteurs du parc, Sudinfo s’est rendu à Günzburg, une ville de Bavière qui a également son propre Legoland. En dehors des attractions et de certaines impressionnantes structures en Lego, on y retrouve également une sorte de Mini-Europe dans lequel plusieurs villes sont reconstituées en Lego. « Toute la ville de Venise est ainsi bâtie en Lego, avec la tour de la place Saint-Marc qui dépasse les deux mètres de haut. Allemagne oblige, la plupart des grandes villes et bâtiments teutons s’y trouvent aussi. Franchement, on a passé plus d’une heure dans cet espace, sans voir le temps s’écouler, à s’émerveiller tant sur la taille des monuments que sur la qualité et le détail des reproductions », écrit le journaliste qui s’est rendu sur place.

« Une opération exceptionnelle »

Au total, plus de 1.000 emplois seront créés dès le début de l’exploitation du Legoland. « Ce projet est aussi important sur le plan social avec des emplois directs et indirects à la clé », s’est réjoui Elio Di Rupo. « On a besoin de démontrer que la Wallonie, à l’instar d’autres régions d’Europe, est une région performante » et le futur parc participera à cette volonté, a encore dit le ministre-président wallon.

Interrogé par l’Echo, l’économiste Jospeh Pagano, professeur émérite à l’UMons, se montre lui aussi optimiste. « Mille emplois. Donnez-moi un exemple d’une activité qui génère 1.000 emplois en une fois. Franchement, je n’ai pas connaissance d’une telle opération de 1.000 emplois ces 5 à 10 dernières années. C’est une opération exceptionnelle. Honnêtement, si c’est pour mettre 100 millions quelque part, la Région fait ici une belle opération et s’ouvre un nouveau secteur qui offre des perspectives avec des acteurs qui vont pouvoir se développer en aval du parc », se réjouit-il.

Près de deux millions de visiteurs par an

Une telle implantation viendrait renforcer l’écosystème touristique de l’Europe continentale en général et de la Wallonie en particulier, ont par ailleurs souligné les parties prenantes. Les clients visés sont en effet surtout ceux provenant de Wallonie, du Benelux et du nord de la France mais aussi ceux plus éloignés et plus enclins à séjourner quelques jours sur le territoire belge. A l’étranger, un parc de ce type attire entre 1,5 et 2 millions de visiteurs par an et les projections montrent que ce chiffre pourrait également être obtenu à Charleroi, où l’on espère un chiffre d’affaires « très significatif » de 120 millions d’euros dès le lancement des opérations.

Avec dix parcs Legoland actuellement et trois autres en construction en Chine, Merlin est le leader européen dans les parcs d’attractions, le deuxième après Disney dans le monde. Il possède un total de 140 parcs de loisirs dans le monde dans 25 pays et compte également des marques comme Sea Life ou Madame Tussauds dans son portefeuille.