Symbole des inondations, Loredana revient sur son calvaire: «Je ne resterai pas ici»

Symbole des inondations, Loredana revient sur son calvaire: «Je ne resterai pas ici»
Ph. Belga

Loredana vit à Angleur, elle est coiffeuse. Pendant les inondations qui ont frappé la région à la mi-juillet, elle a vécu l’horreur. En quittant son appartement inondé, un photographe l’a prise en photo. Son petit-fils dans les bras, l’eau au niveau de la taille, elle a fait la une de plusieurs médias, y compris celles de nos journaux. Nos confrères de Het Nieuwsblad l’ont retrouvée.

Dans son appartement, tout est encore couvert de boue. Pour les constatations de l’assurance, rien n’a bougé depuis un mois. L’ampleur des dégâts a été évaluée provisoirement à 30 000 euros, dont 4000 ont déjà été versés. Loredana se rappelle de son périple douloureux en regardant la photo : « Vous voyez cette main au-dessus de ma tête ? C’est celle de ma fille, qui vit un peu plus haut dans le quartier, raconte Loredana à Het Nieuwsblad. C’est elle qui a été la première à m’avertir qu’aucune eau ne sortait du robinet, mais qu’elle montait dans les rues. Elle est ensuite venue me voir avec son fils de cinq ans. Nous avons vu l’eau monter du plancher de notre voisin du dessus. Au début, je ne voulais pas partir, ma fille avait peur aussi. Puis un homme est passé en criant que nous devions partir maintenant, il était sûr que les canots de sauvetage n’arriveraient pas. Je ne sais toujours pas qui était cet homme, mais il nous a sauvés. »

Un moment effroyable

La jeune grand-mère se rappelle de la peur qu’elle a ressentie, son petit-fils à bout de bras. « Je ne pouvais porter mon petit-fils que jusqu’à un certain point, je l’ai remis à une femme qui était un peu plus haut. Tout le monde m’a parlé après coup de cette photo, mais savez-vous que je n’ai même pas vu un photographe ou un voisin qui se tenait là ? », précise-t-elle dans des propos relayés par Sudinfo.

Les souvenirs des inondations sont encore douloureux pour elle. « Comme je le vois, je veux partir. Ma famille et mes amis disent : tu es forte. Mais je ne dors presque pas. Ils ne savent pas ce que j’ai traversé. Je peux encore rire, mais en même temps je me mets à pleurer, comme si j’étais en deuil. Entre-temps, ma fille et mon petit-fils vont bien, j’ai trouvé refuge à Seraing grâce au patron du salon de coiffure. Je veux rester coiffeuse, mais je ne resterai pas ici. Même s’ils me donnent une maison pour un euro. Savez-vous que le loyer des bonnes maisons ici est passé à 800 euros par mois ? »