Sammy Mahdi inflexible face aux grévistes de la faim malgré les appels politiques

Sammy Mahdi inflexible face aux grévistes de la faim malgré les appels politiques
Belga / E. Lalmand

« Les grévistes de la faim n’ont pas un droit au séjour. La plupart d’entre eux ont reçu un ordre de quitter le territoire il y a des années. Ils ne l’ont pas fait, sont restés ici à travailler au noir pendant des années et réclament maintenant des papiers. Ce n’est pas parce que l’on ne respecte pas les règles pendant 5, 10 ou 20 ans qu’automatiquement on reçoit un droit de séjour. Sinon, on peut supprimer toutes les procédures de séjour. Et des procédures il y en a : asile, immigration étudiante, immigration pour travailler, regroupement familial, etc. Elles sont accompagnées de règles claires. À côté de cela, il y a une régularisation : exceptionnelle, pour raisons humanitaires. Pensez par exemple à une femme de 85 ans qui est en mauvaise santé et n’a pas de famille dans le pays de retour », a-t-il expliqué sur Twitter.

Vendredi et samedi, le PS suivi par Ecolo ont appelé à trouver une solution. Les Verts ont demandé l’organisation d’une concertation rassemblant des sans-papiers, la société civile, des représentants politiques, syndicats et organisations patronales. Les socialistes ont réclamé la convocation en urgence d’une conférence interministérielle pour faciliter l’accès au travail et à la formation pour les sans-papiers. Ils estiment aussi que des critères clairs et objectifs doivent être fixés dans une loi pour une possibilité de régularisation individuelle qui serait examinée par une commission indépendante.

Pas d’exception

Le secrétaire d’Etat CD&V ne s’engage pas dans cette voie. La régularisation est une exception aux règles existantes, a-t-il fait remarquer. « Que pensez que fera une personne qui séjourne illégalement ici depuis 8 ans s’il y a un critère de 10 ans ? ». Pas question pour lui d’envisager une opération de régularisation comme en 2000 – sous le gouvernement Verhofstadt – et 2009 – sous les gouvernements Van Rompuy et Leterme. Elles « n’ont rien résolu, au contraire », a-t-il affirmé.

« L’exception ne peut devenir la règle. Il n’y aura pas de régularisation collective et celui qui donne de l’espoir aux grévistes de la faim jette de l’huile sur le feu », a-t-il ajouté. M. Mahdi se défend toutefois de ne rien faire. Il souhaite accorder un droit de séjour aux apatrides et aux parents d’enfants qui ont un droit de séjour (par exemple en cas de risque de mutilation génitale). Il dit également investir pour accélérer le traitement des dossiers et garantir une politique de retour humaine, fondée sur un accompagnement.

Le 23 mai, 400 personnes ont entamé une grève de la faim dans l’église du Béguinage et sur les campus de l’ULB et de la VUB à Bruxelles. Après plus d’un mois, leur situation sanitaire devient critique. Un nombre croissant d’acteurs politiques et associatifs demandent qu’une solution soit trouvée afin d’éviter une issue dramatique.