Pourquoi les boulangeries sont-elles particulièrement touchées par la crise énergétique?

Pourquoi les boulangeries sont-elles particulièrement touchées par la crise énergétique?

Fermeture en série de boulangeries

Ces derniers jours, plusieurs boulangeries en Belgique ont été contraintes de fermer leurs portes. La raison ? Un acompte d’énergie qui a explosé. Ce dimanche 25 septembre, la boulangerie Dumont, située à Vencimont dans la province de Namur, a annoncé sur Facebook que ce serait son dernier jour d’activité. Preuve à l’appui, le responsable de l’établissement a expliqué que sa facture mensuelle d’électricité avait augmenté de plus de 500 %.

« Nous découvrons avec stupeur, la gorge serrée et la peur au ventre, une facture de régularisation estimée à 46.000 € et une réadaptation de nos acomptes mensuels fixée à 11.836 € (…) Si nous appliquions la même hausse à nos pains, votre carré blanc devrait être vendu 16,80 € pour permettre notre survie », explique l’établissement.

C’est malheureusement loin d’être un cas isolé. Aux quatre coins du pays, des boulangers sont contraints de mettre la clé sous la porte.

Pourquoi une telle facture ?

Comment expliquer que les boulangeries soient touchées à ce point pour la crise énergétique ? La boulangerie Dumont donne un élément de réponse : « Eh oui, une boulangerie ça consomme. Au quotidien, c’est entre 14h et 17h d’utilisation du four et des machines ». Parallèlement, l’établissement explique que la chambre froide tourne 24h/24 et que les lumières sont allumées 20h chaque jour.

Albert Denoncin, le président de la Fédération des boulangers francophones, confirme que le secteur est un très grand consommateur d’énergie. Chez les boulangers, les fours peuvent rester allumés à 240ºC jusqu’à 12 heures par jour. Quant aux chambres froides, elles sont également indispensables. Impossible dans ces conditions de faire des économies d’énergie.

Quelles solutions ?

De nombreux boulangers traversent donc une crise sans précédent. Comment peuvent-ils faire pour s’en sortir ? En augmentant le prix du pain  ? Malheureusement, cela ne suffira pas, estime Albert Denoncin. « Les gens iront dans les grandes surfaces où le pain est un produit d’appel et qui peuvent faire des pertes sur le pain car elles vendent autre chose à côté » , a-t-il expliqué à la RTBF. « Tous les boulangers, aujourd’hui, devraient vendre ce pain entre 4,5 et 5€, mais on ne peut pas « assassiner » les gens avec des coûts exorbitants », a quant à lui estimé au micro de RTLInfo Jonathan Mahy, boulanger-pâtissier à Châtelet.

Pour venir en aide à ses membres, la Fédération des boulangers francophones a mis en place des achats groupés d’énergie et a conclu un partenariat avec une entreprise qui réalise des audits énergétiques.

Des aides qui se font attendre

Mais les boulangers attendent surtout une aide de l’état. Selon les informations de Sudinfo, Willy Borsus, le vice-Président de la Wallonie, fera une annonce à ce sujet vendredi et devrait proposer une sorte de prime énergie pour les boulangers. Cette prime varierait en fonction de la hausse réelle des factures énergétiques subie. En effet, tous les boulangers ne sont pas concernés par cette crise énergétique, c’est notamment le cas de ceux qui ont la chance d’encore avoir un contrat fixe.

« On attend encore de vraies mesures structurelles », a indiqué Christophe Wambersie, secrétaire général du SNI, à la DH. « Il faut un geste fort pour réduire les prix. Le fédéral attend l’Europe, mais je crains qu’il faille encore attendre longtemps pour voir un plafonnement des prix… Il faut aller plus loin que ce qui est déjà décidé », a-t-il poursuivi.

D’autres artisans et indépendants aussi menacés

Sans mesure concrète du gouvernement, l’hiver s’annonce donc très compliqué pour de nombreux boulangers. Mais de nombreux autres artisans et petits commerces pourraient à leur tour être touchés par cette crise. Ainsi, ces dernières semaines, des glaciers, des bouchers et des gérants de petits commerces ont eux aussi vu leur acompte exploser.

« La situation est indépendants actifs dans l’alimentaire est très préoccupante, mais tous les secteurs ont des difficultés », a indiqué à la DH le secrétaire général du SNI.

« La situation est dramatique (…) Et c’est la même chose pour d’autres métiers. Selon notre dernière étude, 40 % des petits supermarchés franchisés fonctionnent à perte », a quant à lui confié Thierry Evens, porte-parole de l’UCM.