Plus d'un million d'euros pour une salle de consommation de drogue à Liège

Plus d'un million d'euros pour une salle de consommation de drogue à Liège

Le 29 janvier dernier, le conseil communal de Liège s'est prononcé à l'unanimité en faveur de l'ouverture d'une salle de consommation de drogue, dite à moindre risque, en vue de réduire les nuisances engendrées par la toxicomanie de rue. Depuis lors, le bourgmestre liégeois a accompli diverses démarches. Le 16 mai, il a ainsi rencontré le ministre fédéral de la Justice, Koen Geens, qui a confirmé que l'accord de gouvernement ne prévoyait pas de modification de la loi de février 1921 relative à la consommation de produits stupéfiants.

«J'ai néanmoins eu le sentiment que les difficultés rencontrées par la ville de Liège en matière de toxicomanie étaient entendues et que notre dossier trouvait matière à être à nouveau plaidé. Nous avons alors abordé la théorie des compétences implicites qui précise que lorsqu'une compétence est régionalisée, celle-ci doit pouvoir s'exercer pleinement sans que la législation fédérale n'y fasse entrave», a précisé Willy Demeyer.

Espoir d'un vote au fédéral

Néanmoins, ce dernier garde bon espoir de voir aboutir les démarches liégeoises à un vote au niveau fédéral qui modifierait ladite loi et apporterait ainsi une sécurité juridique au projet. Aussi, il a sollicité le groupe PS de la Chambre afin qu'il réinscrive en urgence les deux propositions de loi déposées fin 2013 et qui avaient été rejetées par la N-VA et le CD&V.

Cette salle sera intégrée dans le quartier Cathédrale nord, dans les locaux où s'était établi il y a quelques années le projet pilote «Tadam» (traitement assisté par héroïne), à côté du commissariat de Wallonie-Centre. Son ouverture pourrait intervenir en septembre prochain. Il s'agirait d'un centre intégré comprenant des services socio-médico-sanitaires et visant à amener les toxicomanes vers le secteur de l'aide et de soins, tout en permettant de sortir la consommation de stupéfiants de l'espace public.

Un projet dans la durée

C'est cette même structure Tadam qui a été désignée pour en assurer la gestion. Le conseil communal a également voté, à l'unanimité, la mise à disposition de plus d'un million d'euros pour ce projet.

Christine Defraigne, cheffe de groupe MR, a regretté que cette problématique n'ait pas été prise «à bras le corps plus tôt dans la législature». Quant au conseiller communal cdH Benoît Drèze, qui assurera la présidence de la fondation Tadam, il a précisé que ce projet n'est pas une nouvelle expérience-pilote mais qu'il est destiné à s'inscrire dans la durée.

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