L’IRM plaide pour une coopération «plus étroite» avec l’administration suite aux inondations

L’IRM plaide pour une coopération «plus étroite» avec l’administration suite aux inondations
Belga / B. Fahy

« Le matin du lundi 12 juillet, on consulte plusieurs modèles qui donnent déjà des quantités énormes pour le mercredi 14 juillet, avec 150 mm annoncés localement au sud du sillon Sambre-et-Meuse. On sait alors que ce qui tombe normalement en deux mois va tomber en deux jours. C’est déjà alarmant », a détaillé David Dehenauw.

Le mardi, les modèles belges sont plus précis que le modèle européen, qui tourne toujours autour des 150 mm. L’IRM, lui, évoque des pointes à 190 mm dans les Hautes Fagnes, auxquelles s’ajoutent des risques d’orage. L’alerte passe à l’orange et les téléphones commencent à chauffer.

« Quelque chose de grave allait se passer »

« Nous avons commencé à recevoir énormément d’appels, notamment du service hydraulique flamand qui s’inquiète », a poursuivi le responsable de l’IRM. « La Flandre décide de rendre public un premier avertissement. J’étais convaincu que quelque chose de grave allait se passer. De toute ma carrière, je n’avais jamais annoncé autant de précipitations. Je sors alors un peu de mes compétences en disant à l’antenne que ce n’est pas le moment de faire du camping », a-t-il ajouté.

Le lendemain, l’alerte rouge – qui ne peut être émise que 12 heures avant les événements – est finalement lancée. C’est la troisième depuis 2017 : les deux premières concernaient les vagues de chaleur des étés 2019 et 2020.

« Le mercredi matin, deux modèles confirment plus de 100 mm sur Liège. Avec ce qui était déjà tombé, on arrive à 200 ou 250 mm. Finalement, à Jalhay, on arrivera à 270 mm », a encore indiqué David Dehenauw.

C’est aussi ce mercredi-là, alors qu’il pleut déjà à verse, qu’ont lieu les premiers contacts téléphoniques avec le service hydrologique de l’administration wallonne. « On a bien travaillé ensemble, mais on pourrait avoir une coopération plus étroite ».

Manque de spécialistes ?

Dans ce cadre, un centre de risques pour les catastrophes naturelles pourrait voir le jour. « Il nous manque peut-être un niveau avec des spécialistes qui pourraient rassembler les informations et les transmettre directement aux provinces et aux communes », a conclu David Dehenauw avant de répondre aux questions des parlementaires.

Celles-ci ont principalement porté sur le délai de 12 heures pour lancer une alerte rouge, « une question qui mérite une réflexion profonde » ; sur les contacts entre l’administration et le SPW ; sur les alertes EFAS « qu’on ne reçoit pas à l’IRM » et sur les déclarations du ministre wallon du Climat, Philippe Henry, selon qui il a plu davantage que ce qui était prévu. J’ai beaucoup de respect pour lui. C’est un homme intelligent mais ses déclarations nous ont surpris », a enfin reconnu M. Dehenauw.

Vendredi après-midi, la commission reprendra son travail avec l’audition de Philippe Dierickx, le directeur de la Gestion hydrologique au Service public de Wallonie.