Le vaccin nasal, l’arme ultime pour sortir de la pandémie?

Le vaccin nasal, l’arme ultime pour sortir de la pandémie?
AFP / E. Dunand - Photo d’illustration

Une dose, deux doses, trois doses, déjà quatre pour certains… Plus les doses avancent, plus l’utilité même du vaccin contre le coronavirus est remise en cause par une partie de la population. Surtout en la présence d’un variant moins dangereux et plus contagieux comme Omicron qu’on peut transmettre malgré la vaccination. La donne pourrait cependant changer grâce au vaccin d’un nouveau genre : le vaccin nasal. Plusieurs vaccins de ce type sont actuellement en développement.

Concrètement, ces vaccins présentent plusieurs avantages non-négligeables par rapport aux vaccins classiques. Introduits par le nez, ils permettraient de « donner une immunité locale dans le système respiratoire plus importante », indique le professeur et épidémiologiste Jean-Christophe Renauld (UCLouvain) cité par la DH. Il permettrait également de mieux lutter contre la transmission du virus, une critique récurrente contre les vaccins disponibles actuellement.

L’université de Tours en développe un

En septembre, nous vous expliquions qu’une équipe de l’université de Tours avait déposé le brevet d’un candidat vaccin par administration nasale, après des résultats prometteurs sur les animaux. Selon la responsable de l’équipe de recherche, les essais avaient montré « 100 % de survie » sur des souris vaccinées puis infectées par la Covid-19, contre « 100 % de mortalité » sur des souris non-vaccinées.

« Les animaux vaccinés sont protégés à 100 % contre les formes symptomatiques et a fortiori les formes graves du virus. Et ils ont très peu de virus donc ils ne sont plus contagieux, c’est un des intérêts de la voie nasale », avait aussi souligné Philippe Mauguin, le PDG de l’Inrae, un institut de recherche public œuvrant pour un développement cohérent et durable de l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

Reste que le développement de ces vaccins prend du temps et ce n’est pas demain que nous recevrons tous notre dose par le nez. En attendant, les experts continuent d’inciter la population à se faire vacciner avec les solutions classiques. « En attendant, le variant Delta n’a pas disparu et une grande partie des hospitalisations en soins intensifs peut être évitée par la vaccination, avec toutes les conséquences que ça implique pour les personnes concernées et pour la soutenabilité de notre système de soins de santé », conclut M. Renauld.