Le sous-variant BA.5 pourrait-il nous gâcher l’été?

Le sous-variant BA.5 pourrait-il nous gâcher l’été?

Alors que toutes les restrictions sanitaires ont été levées et que les gestes barrière sont de moins en moins respectés, les inquiétudes quant au retour du coronavirus augmentent. En Belgique comme dans le reste de l’Europe, la propagation rapide du sous-variant BA.5 entraîne une forte hausse des chiffres Covid, avec plus de 5.500 nouveaux cas détectés chaque jour chez nous. Faut-il s’inquiéter pour la suite de notre été ?

Une « vague puissante » va déferler sur la Belgique

« L’épidémie liée au sous-variant BA.5 aura duré trois mois au Portugal, on peut s’attendre en effet qu’elle dure une bonne partie de l’été dans le reste de l’Europe désormais », lance l’épidémiologiste Antoine Flahault, dans les colonnes de la Dernière Heure.

Le professeur de santé publique prédit d’ailleurs une « vague puissante » en Belgique due à la propagation BA.5, « avec un taux de reproduction proche de 1,20, c’est-à-dire une croissance exponentielle rapide de la courbe épidémique. »

Et cette nouvelle vague « gâchera surtout l’été des personnes âgées et très vulnérables que l’on pourrait protéger efficacement aujourd’hui en les vaccinant, en portant le masque à leur contact, et en les testant au moindre symptôme afin de leur administrer des antiviraux efficaces en cas de positivité pour éviter les complications, l’hospitalisation et le décès », ajoute l’expert.

Que sait-on de BA.5 ?

Détecté pour la première fois en Afrique du Sud le 25 février 2022, BA.5 est un sous-variant Omicron. Aujourd’hui, il se propage à travers toute l’Europe et tire les chiffres Covid à la hausse dans tous les pays du Vieux continent. En Belgique, il a été identifié pour la première fois le 26 avril. Et depuis la mi-juin, il représente près de 70 % des contaminations.

BA.5 est plus contagieux que les autres variants, en raison de sa forte résistance aux anticorps. Une résistance due aux mutations du virus. À cause de ces mutations dans sa protéine, les anticorps sont moins armés pour l’identifier, et donc moins efficaces pour le neutraliser. À l’heure actuelle, on dispose encore de peu de données concernant cette nouvelle souche. Néanmoins, selon une étude new-yorkaise, BA.5 serait quatre fois plus résistant aux anticorps que le sous-variant BA.2 (souche antérieure d’Omicron).

En ce qui concerne les symptômes, ceux-ci sont souvent légers et similaires aux autres souches du virus (fièvre, fatigue, toux…). Seule différence : ils ont tendance à durer plus longtemps, de 7 à 10 jours, contre 4 jours en moyenne avec les souches précédentes.

Quid des vaccins ?

Les vaccins sont-ils toujours efficaces contre ce sous-variant ? Ici encore, les données manquent. Mais si les vaccins restent efficaces contre les formes graves de la maladie, les hospitalisations et les décès ; il semblerait toutefois que leur efficacité soit réduite face à ces nouvelles formes du virus. Dans une étude préliminaire, les chercheurs de l’Imperial College de Londres indiquent que la capacité neutralisante des vaccins serait de huit à dix fois inférieure pour BA.4 et BA.5.

Afin de faire face à BA.5 et autres (sous-)variants, les laboratoires pharmaceutiques travaillent actuellement à développer de nouveaux vaccins mieux adaptés aux mutations du SARS-CoV-2. Leur commercialisation n’est toutefois pas prévue avant l’automne.

Alors d’ici là, faut-il craindre le retour de mesures sanitaires restrictives ou du Covid Safe Ticket ? Il n’en est pour l’heure pas question en Belgique, pas plus qu’il n’est question du retour du masque obligatoire. Tous les experts encouragent toutefois à protéger les plus vulnérables, notamment via leur vaccination, et à porter le masque en lieux clos.

Des recommandations à ne pas prendre à la légère, surtout quand l’on sait qu’un nouveau sous-variant « super-mutant », le BA.2.75, a été identifié en Inde et devrait arriver chez nous d’ici la fin de l’été…