Le restaurant bientôt trop cher pour de nombreux Belges? Une nouvelle hausse des prix est inévitable pour le secteur

Le restaurant bientôt trop cher pour de nombreux Belges? Une nouvelle hausse des prix est inévitable pour le secteur
AFP / A. Crowden

Nourriture, énergie, loisirs… La hausse des prix se fait ressentir sur le portefeuille des Belges pour qui les fins de mois sont de plus en plus difficiles. Malheureusement, un inversement de la tendance n’est pas encore pour demain et le prix de certains plaisirs de la vie quotidienne pourrait encore augmenter dans les prochaines semaines. C’est le cas pour tous les gastronomes qui aiment se rendre au restaurant une fois de temps en temps. Alors que les prix des matières premières et de l’énergie ne cessent d’augmenter, de nombreux restaurateurs n’ont pas encore répercuté cette hausse sur leur carte. Ce qui ne devrait plus tarder à arriver.

« Il faut bien que je gagne ma vie »

« J’ai gardé mes prix inchangés jusqu’à la fermeture estivale, mais je vais devoir augmenter mes prix à la réouverture. Pour les matières premières, mes coûts ont augmenté de 15 % en moyenne, et on monte à 35 % pour l’énergie. Je dois encore revoir ma carte, mais tout va légèrement augmenter (un euro supplémentaire par pizza, ndlr) car il faut bien que je gagne ma vie. Mais le dilemme, c’est qu’on a aussi peur de perdre des clients », explique à la DH Thibaud Duvivier, patron de la pizzeria Patapouf à Louvain-la-Neuve. Le constat est similaire dans de nombreux établissements du pays obligés d’augmenter leurs prix de 10 % à 15 % pour survivre. « Sinon, c’est la mort assurée », confie un autre patron.

Des prix répercutés

Heureusement, les clients semblent compréhensifs et n’ont pas encore tourné le dos à leur restaurateur préféré. Un phénomène que l’on constate également chez nos voisins français où les vacanciers continuent de répondre présent en masse malgré une addition de plus en plus salée. Selon un sondage relayé par Le Parisien, 61 % des restaurateurs français répercuteraient au moins partiellement la hausse du prix de la vie sur leur carte. « Sincèrement, j’espère que tout le monde va le faire ! Sinon, c’est très simple : beaucoup vont mourir », met en garde Hubert Jan, président de la branche restauration de l’Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie.

« Les clients comprennent »

Il faut dire que les chiffres ont de quoi faire tourner la tête. Un restaurateur explique ainsi que le prix de cinq litres d’huile de tournesol est passé de 7,80 € à 19,20 € en un an. Il en va de même pour le prix du saumon (+7 €) ou de celui d’une entrecôte (+5 €). Mais une telle hausse des prix est parfois impossible à répercuter sur le client. Certains restaurateurs se montrent donc inventifs, en remplaçant certains produits par des moins chers, ou en diminuant la quantité dans nos assiettes. « Les gens voient l’inflation dans les supermarchés, ils comprennent qu’on la subit aussi », conclut un Yanic, à la tête d’une brasserie depuis dix ans.