Le contrecoup pour les pompiers après une semaine folle: «On est impuissants»

Le contrecoup pour les pompiers après une semaine folle: «On est impuissants»
Ph. DR

« On est déclassés mais bon c’est comme ça. On n’a pas le choix ». La semaine de Benjamin Dormal a été éreintante. Sur le front de mardi matin à samedi matin, ce pompier de la zone de secours Hemeco (Huy-Hamoir) a vécu les terribles inondations qui ont touché notre pays au plus près. Et il n’est pas près de les oublier. « Cela a été dur. C’était une vraie catastrophe. On a vu des trucs qui vont être très durs à oublier », explique-t-il. C’est notamment le cas de ces gens dans le besoin qu’il voyait au loin, sans arriver à approcher. « On sait très bien que ces gens-là n’ont pas survécu. On s’en rappellera toute notre vie. Ce sont les mauvais côtés du métier », détaille-t-il. À l’inverse, Benjamin Dormal gardera à jamais le souvenir de certaines interventions réalisées in extremis. C’est surtout le sauvetage de ces deux personnes âgées, coincées sur la table de leur salon alors que l’eau grimpait dangereusement, qui l’a le plus marqué. « Au moment où on les a vus, les vitres ont pété et le courant est passé à travers la maison. On est finalement allés les rechercher via leur toit. On a percé dans leur plafond, on est tombé dans l’eau à côté d’eux et on est ressortis par le toit ». Un sauvetage mémorable pour Benjamin et ses collègues qui étaient sur le front depuis 36 heures. « Quand on est sortis de là, on s’est effondrés, on n’arrivait plus à parler et on pleurait tous. La pression retombait. On avait les deux petits vieux qui nous pleuraient dans les bras, c’était très émouvant. Cela reste un super souvenir et un des plus beaux sauvetages de ma carrière », indique-t-il.

Des héros impuissants

Benjamin et ses collègues ont secouru environ 600 personnes ces derniers jours. Reste désormais le tout aussi difficile travail de soutien à la population pour les pompiers qui se sentent eux aussi désemparés devant l’ampleur des dégâts. « On va essayer d’aider les gens comme on peut. Mais il y a des maisons qui vont être déclassées et les gens ne pourront jamais retourner dedans donc c’est très compliqué. C’est maintenant qu’on ressent le contrecoup. Il y a deux-trois jours nous étions des héros car on sauvait tout le monde. Maintenant on est un peu impuissants, comme les gens », conclut-il.