La Région bruxelloise «met les assouplissements sur pause» contrairement au reste du pays

La Région bruxelloise «met les assouplissements sur pause» contrairement au reste du pays
Belga / N. Maeterlinck

Concrètement, cela signifie que «dans l’Horeca, les lieux de cultes... là où le virus risque de circuler, nous maintenons l’arrêté ministériel en vigueur», a ajouté M. Vervoort. Les établissements horeca devront ainsi maintenir un nombre limité de personnes par tablée, (8, enfants jusqu’à 12 ans accomplis non compris). L’heure de fermeture obligatoire est bloquée à 1h00 du matin et une distance d’1,5 mètre doit être conservée entre les tables.

À l’inverse, ailleurs dans le pays, il n’y aura plus de restrictions en ce qui concerne les heures d’ouverture et de fermeture (y compris pour le service à domicile), le nombre de personnes à table, la distance entre les groupes de personnes à table, les terrasses, le niveau sonore et le service au bar. Seul le masque sera encore obligatoire lors des déplacements dans un café ou restaurant. Le télétravail reste par ailleurs vivement encouragé.

Sensibilisation à la vaccination

«Je reconnais que cela peut paraître frustrant pour ceux et celles qui sont vaccinés et qui ont rempli leur part de contrat social», admet M. Vervoort. Ce dernier a cependant rappelé que le taux de vaccination était encore faible dans la capitale, particulièrement pour la tranche 12-17 ans. Soixante pour cent de la population adulte bruxelloise est vaccinée contre plus de 82% à l’échelle nationale. La différence est en effet encore plus flagrante chez les adolescents (12-17 ans) avec 10% de complètement vaccinés à Bruxelles contre 29 et 36% en Flandre et en Wallonie, respectivement.

Le travail de sensibilisation à la vaccination va se poursuivre sur le terrain, a promis le ministre-président qui mise sur la décentralisation. «Nous devons encore faire preuve de pédagogie et être présents sur les lieux culte, sur les marchés...» Le gouvernement bruxellois, en collaboration avec les bourgmestres, va par ailleurs renforcer les contrôles du port du masque et du respect des mesures suivant le retour de l’étranger (testing, quarantaine). Il a demandé au gouvernement fédéral le renforcement des contrôles aux frontières.

Avant la réunion, M. Vervoort avait plaidé pour un élargissement de l’utilisation du Covid Safe Ticket comme dans d’autres pays comme la France ou l’Italie qui ont mis en oeuvre un passe sanitaire. Actuellement, cette formule reste cantonnée aux événements en Belgique mais, à terme, les Régions pourraient l’étendre à d’autres activités si elles «comptent des communes où la situation épidémiologique ou vaccinale l’exige», selon un communiqué diffusé après le comité de concertation.

Peu de détails ont été donnés sur cette possibilité qui crispe toujours certains partis. Les modalités doivent encore être discutées. «Ce n’est pas quelque chose qui sera utilisé demain ou après-demain», a assuré le Premier ministre.

Population méfiante

Bruxelles comme grande ville multiculturelle, à la population assez jeune et dont une part importante de la population est socio-économiquement défavorisée est particulièrement exposée, et ce d’autant plus si on y ajoute un groupe qui «malgré une bonne information, reste méfiant et refuse encore de participer à l’effort commun», a souligné le gouvernement régional dans un communiqué.

La situation sanitaire y est plus préoccupante que dans les deux autres Régions: un tiers des lits en soins intensifs occupés par des patients COVID-19 sont situés à Bruxelles. Le pourcentage de lits d’hôpitaux occupés par des patients covid-19 est de 20% dans la Région, contre 8% pour l’ensemble du pays. Il est à noter que 23% des hospitalisations covid-19 à Bruxelles concernent des non-Bruxellois, a précisé le gouvernement.