Inondations: les autorités auraient-elles dû réagir plus tôt? 25 alertes avaient été émises dès le 10 juillet

Inondations: les autorités auraient-elles dû réagir plus tôt? 25 alertes avaient été émises dès le 10 juillet
Belga / E. Lalmand

Le samedi 10 juillet, l’European Floods Agency System (EFAS) avertissait les autorités belges et allemandes d’« inondations extrêmes imminentes sur le Rhin et l’est de la Belgique », rapport Het Laatste Nieuws. « Nous avons envoyé les premiers avertissements à toutes les autorités compétentes », indique l’EFAS à nos confrères. « Les jours qui suivent, nous en avons envoyé 24 autres ». Soit 25 alertes en l’espace de quatre jours.

Qui sont donc ces « autorités compétentes » qui ont reçu ces avertissements ? « À l’IRM nous ne les avons pas reçues. Ces rapports ont été transmis aux Régions », précisait David Dehenauw, chef du service scientifique de l’IRM. « Les inondations sont une compétence régionale, nous n’avons pas le droit de nous en occuper à l’IRM. »

C’est donc la Direction de la Gestion Hydrologique wallonne (DGH) qui a reçu ces notifications. Interrogé par le quotidien flamand, son directeur reste vague et renvoie vers le ministre de la mobilité. Au cabinet de Philippe Henry, on assure avoir fait le maximum. « Ces alertes ne sont qu’un paramètre sur lequel nos services gardent un œil ».

Code rouge de l’IRM

De son côté, l’IRM avertissait dès le 10 juillet que des précipitations intenses et exceptionnelles allaient survenir sur un court laps de temps. Le code jaune est déclenché lundi 12 et passe à l’orange le mardi 13. C’est dans la matinée du mercredi 14 que la province de Liège passe en code rouge : « prenez des mesures et suivez scrupuleusement les conseils », demande l’IRM. « Assurez votre sécurité et celle des autres et, si possible, protégez vos biens personnels. Suivez scrupuleusement les conseils des autorités compétentes. »

Suite à ce code rouge, de premières mesures sont prises. Le gouverneur de la province de Liège déclenche la phase provinciale de crise. Il est alors vivement recommandé aux habitants de Jalhay, Spa et Theux de ne pas sortir de chez eux.

Dans certaines communes, les premières évacuations des habitants situés dans les zones inondables débutent mercredi en fin d’après-midi. À Liège en revanche, ce n’est que jeudi en milieu de journée que le gouverneur et le bourgmestre demandent à tous les Liégeois habitant le long de la Meuse d’évacuer ou de monter aux étages.

Des explications très attendues

À 17h, le jeudi 15, l’IRM fait repasser son code de rouge à orange. La phase cruciale a donc duré 24 heures (du mercredi fin d’après-midi jusqu’au jeudi même moment). Certes, cet épisode météorologique a été exceptionnel. Comme on en voit un tous les 100 ans. Pour donner une idée, la station de Jalhay a enregistré 271 mm d’eau par m² sur 48 heures alors que la moyenne en été est de 100 mm sur un… mois.

Mais il n’empêche que les alertes météo ont été nombreuses et précises et que tous ceux qui sont chargés de la gestion du risque dans notre pays devront sans doute expliquer bientôt pourquoi ils n’ont pas agi plus tôt.

Du côté politique, on promet que « les leçons seront tirées » et que « toute transparence sera faite »… Mais on indique que l’heure n’est pas encore à l’évaluation. « Donnez-nous d’abord le temps de rechercher les personnes disparues, de dégager les débris et de donner un abri aux gens. Après cela, nous offrirons une transparence totale sur toutes les décisions », avait affirmé le ministre-président wallon Elio Di Rupo.